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CHAPITRE XII

de Bâle, fut du nombre des croisés. Il était encore à Spire le 4 janvier 1147, car il figure comme témoin dans un diplôme impérial portant cette date, en faveur de l’archevêque de Trêves; — Testes, Ordienus, Basiliensis. 1

Parti de Ratisbonne au printemps de 1147, Conrad III marcha avec une armée de 70000 hommes vers Constantinople. L’évêque de Bâle y avait sa place avec les hommes d’armes de son diocèse qui s’étaient rangés sous sa bannière. On traversa la Hongrie pour arriver à Constantinople, et s’avancer ensuite dans les plaines de l’Anatolie. Les guides infidèles de Byzance conduisirent l’armée à travers des déserts sans eau et l’abandonnèrent sans provision, à la fureur des Turcs, qui l’anéantirent presque entièrement (octobre 1 1 47). Sept mille hommes environ échappèrent au désastre. Conrad, blessé lui-même de deux javelots, au milieu de ses chevaliers, qui ne pouvaient rien pour le défendre, parvint à Nicée, où il rallia les restes de sa malheureuse armée. Honteux de ses revers, il quitta les croisés français et retourna à Constantinople où l’empereur Manuel Conmène lui fournit des vaisseaux pour le conduire avec les débris de son armée sur les côtes de Syrie. Conrad III suivi seulement de quelques-uns de ses barons, parmi lesquels l’évêque de Bâle qui avait survécu à ces désastres, partit de Ptolémaïs, durant la semaine de Pâques (11 au 17 avril 1148) et arriva peu de jours après à Jérusalem, où il fut reçu avec de grands honneurs, au milieu des cris d’allégresse du clergé et du peuple. 2 Le roi était logé au palais des templiers; il visita dévotement tous les lieux saints, puis après quelques jours, il revint par la Samarie et la Galilée à Ptolémaïs où avait été fixée une assemblée générale pour délibérer sur la guerre sainte. Le roi de France, Louis VII, le roi de Jérusalem et les chefs des armées et du clergé s'y rencontrèrent avec l’empereur. On résolut d’assiéger Damas et le rendez-vous fut donné à Tibériade pour le 25 mai 1 148. Ce siège fut d’abord poussé avec vigueur; mais bientôt la discorde, la jalousie et même la trahison firent échouer les efforts des croisés. Conrad montra dans ce siège le courage d’un soldat plus que l’habileté d’un chef. Les chroniques du temps rapportent que d’un coup de sabre, il coupa en deux un Sarrasin qui le défiait au combat. On leva le siège et on revint en Palestine. Là, on délibéra d’assiéger Ascalon, mais il n’en fut rien. Le roi Conrad ne songea plus qu’au retour. Embarqué à Ptolémaïs, il alla trouver son beau frère Manuel Conmène sur les frontières de la Thessalie et se reposa quelque temps auprès de lui de ses grandes fatigues. Enfin, ayant avec lui l’évêque de Bâle, son chancelier Arnold et son frère Henri, duc d’Autriche, il prit la mer et après une traversée paisible à travers la Méditerranée et l’Adriatique il débarqua à Pola, à la pointe de l’Istrie. Là il monta à cheval, et arriva à Saltzbourg pour y célébrer la fête de la Pentecôte (22 mai 1 149). Enfin il parvint à Ratisbonne, où les princes de l’empire l’attendaient. Il y avait deux ans que Conrad III avait quitté ses États."

Avant de se séparer de son fidèle compagnon de voyage, l’empereur remit à l’évêque Ortlieb un diplôme qui assurait à l’Église de Bâle toutes ses possessions

1 Guillirn. Episc. Argent.., p. 241. = 2 „ . . . Conradus . . . habens adhuc in eomitatu suo ex princi-

pibus Ortlibum Basileensem episcopurn . . . in ipsa Paschali bebdornade Ptolernaïdæ applicans, ac post

paucos dies, Hierosolymam veniens, in magna cleri et populi jocunditate, cum ingenti honore suscipitur.“

Ottonis Frising. ep. De gestis Friderici imp. c. 58 et 59. = 3 * * * * . Rex. habens secum prædictum

Basileensem episcopurn . . . apud Polani applicuit; i bique sonipede insidens, in Juvania . . . Pentecosten

celebravit ... 11 (Ibid.) — Voir pour la seconde croisade Michaud, hist. des crois.. 1. 1. — Rohrbacher.

hist. de l’Église, t. XV. — Biogr. Univ., t. IX. p. 430.

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