CHAPITRE XII
l’Église de Genève. 1 L’évêque de Bàle suit l’empereur à Trêves le 28 janvier et paraît avec l’évêque de Metz dans un diplôme impérial en faveur de l’abbaye de Florep. 2 De Trêves, la cour arrive à Colmar avec son cortège de prélats et de seigneurs. L’archevêque de Cologne est avec l’évêque de Bâle auprès de l’empereur, lorsqu’il confirme, le 30 janvier 1153, les privilèges de l’abbaye d’Altdorf. 3 Le 15 février, Frédéric Ier est à Besançon: Ortlieb est toujours dans sa compagnie et son nom figure dans un acte impérial en faveur de l’abbaye de Payerne. 4
C’est vers cette époque que l’empereur, voulant reconnaître la fidélité dans la bonne comme dans la mauvaise fortune, rendit un décret pour relever les monnaies de Bàle qui avaient été altérées et dépréciées. Son cher Ortlieb, évêque de Bàle, le clergé, les nobles et le peuple de cette ville avaient supplié le monarque de défendre toute altération pour l’avenir et de maintenir ces monnaies dans l’état d’amélioration où elles se trouvaient en ce moment. L’empereur défendit à l’évêque et à ses successeurs toute altération nouvelle et toute contrefaçon hors de Bàle dans l’évêché, sous peine de cent livres d’amende. 5
Tandis que l’empereur donnait à l’évêque de Bàle de nombreux témoignages de son affection, le pape lui confiait une mission qui attestait de quelle estime il jouissait auprès du saint siège. Un différend s’était élevé entre l’évêque de Lausanne et l’Église de Besançon au sujet de leurs droits respectifs à Lutry et à Cully (canton de Yaud). Le saint siège délégua Ortlieb, évêque de Baie, pour vider ces débats. Les deux parties comparurent devant lui à Neuchâtel. Les droits de chacun furent discutés et reconnus et l’évêque de Bàle rendit à Moutier-Grandval le 10 juillet 1154 une sentence qui mit fin à ces débats. 6
La sollicitude d’Ortlieb s’étendait à la même époque sur les monastères de son diocèse. .,11 avait, dit-il dans une charte de la même année, à l’esprit cette parole de S. Paul, que chacun recevra une récompense proportionnée à son mérite, il faut donc travailler à plaire à Dieu par des œuvres de piété, afin d’avoir part à la récompense éternelle. C’est pourquoi il veut que l’Église de Saint- Alban à Bâle jouisse en paix de toutes ses possessions, comme elle l’a fait depuis sa fondation par l’évêque Bourcard de bienheureuse mémoire — beate mémo rie, — jusqu’à ces jours, sous cinq évêques de Bàle — sub quinque episcopis — Bourcard d’Asuel, Rodolphe de Hombourg, Berthold de Neuchâtel, Adalbéro et Ortlieb de Frobourg. — Il confirme et corrobore tous les biens du monastère, qu’il énumère tout au long, par un acte authentique revêtu de sa signature et de son sceau épiscopal, et qu’il place sous la garde et l’autorité du Dieu tout puissant, de la bienheureuse Marie toujours vierge, des saints apôtres Pierre et Paul, du bienheureux martyr Alban, de tous les Saints, et du Seigneur pape Anastase. 7 Une amende de cent livres sera le châtiment de quiconque aura l’audace d’inquiéter les frères de Saint- Alban ou de porter une main temeraire sur leurs biens. “ 8
Un acte pareil en faveur de l’abbaye de Lucelle, en 1152, attestait également les sentiments qui animaient l’évêque Ortlieb. „ll avait, disait-il, reçu l’épiscopat, quoique indigne, pour veiller aux intérêts des religieux et pour augmenter selon
1 Spon, Hist. de Genève, preuves N° 2. = 2 Hugo, Annales ord. Præm., I. col. 57. = 3 Hergott.,
gen. dipl. Habsb., t. IL p. 177. = 4 Schœpflin, Als. dipl., N° 290. = 5 Codex dipl. eccl. Basil, p. 19b. =
3 Matile, Monum. de l’hist. de Neuchâtel, p. 13. = 7 Anastase IV, 1053 — 1054. = 8 Schœpflin, Als. dipl.,