LE PSEUDO-ÉVÊQUE LOUIS DE FROBOURG
quand l’empereur confirme les privilèges et les possessions de l’abbaye d’Interlaken. 1 Quelques jours après, Barberousse vient à Bàle accompagné d’un cortège brillant de seigneurs et de hauts personnages. L’évêque Louis et les chanoines de la cathédrale furent admis en présence de l’empereur le 4 mars 1173, ils figurent à cette date comme témoins dans un acte donné par Frédéric Ier en faveur de l’église de Bero-Munster. 2
Le 2 juillet de la même année, l’évêque Louis fait encore partie de la cour impériale; il sert de témoin à l’empereur dans une sentence rendue par ce monarque au sujet des biens des clercs décédés. 3 Mais, pour soutenir le train qu’il affichait et faire face aux dépenses que réclamait son rang, Louis de Frobourg dut faire de nombreux emprunts et aliéner des propriétés de son église. Le chapitre de
Le pape Alexandre III,
d'après un portrait-mcdaillon dans la basilique de «S. Paul hors les murs» à Rome.
Bàle fit porter vers 1174 ses plaintes à l’empereur qui, entendit l’évêque accusé et les plaignants en présence de plusieurs évêques et d’autres princes. On reprochait également à Louis de Frobourg de négliger de rendre la justice, ce qui causait de graves préjudices aux clercs et aux laïques. Les parties entendues, l’empereur termina le différend en obligeant l’évêque à mettre à la disposition de personnes choisies, de l'argent et des redevances en suffisance pour rembourser les emprunts faits par lui et recouvrer les biens aliénés. En outre, l’évêque promit, en mettant sa main droite dans celle de l’empereur et de l’archevêque de Besançon, avec serment, qu’il n’engagerait plus désormais aucune propriété de son Église sans le c onsentement imp érial .
En même temps, Frédéric Ier et l’archevêque de Besançon firent a Louis de sérieuses remontrances pour remédier aux maux signalés, et pour rendre la justice
1 Stettler, regestes du monastère d’Interlaken, N° 3. p. 44. == 2 Hergott. Geneal. diplom. Habsb.,
t- II. p. 191. = 3 Pertz. Monum. Germ., t. I V. p. 143.