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CHAPITRE XIII

plus promptement. A ces conditions, la paix fut rétablie entre l’évêque et ses frères (les chanoines) et jurée par le comte Hermann de Frobourg pour lui et ses amis. Nous pensons que l’empereur était alors à Strasbourg, parce que, parmi les témoins de cet acte important, figurent plusieurs dignitaires de Strasbourg qui formaient alors la cour impériale.* 1 La leçon était sévère et attestait la déplorable administration de Louis de Frobourg. Nous ignorons si l’évêque réforma son mode de vivre; nos archives ne contiennent plus que quelques rares diplômes portant le nom de ce prélat. En 1174, il atteste une cession faite à l'abbaye de Beinwyl par Elisabeth de Bâle, d’une propriété à Seewen. 2 L’année suivante, il confirme à l’abbaye de Bellelay la donation de l'église de Boëcourt qui lui avait été faite par son prédécesseur Ortlieb. L’acte est dressé à Bâle, le 28 octobre 1175, en présence de tout le synode diocésain, réuni autour de l'évêque: on y remarque les dignitaires et chanoines de la cathédrale, les prieurs de Saint-Alban, de Saint-Léonard, de Moutier-Cfrandval, etc. 3

A voir l’entente qui semblait exister entre l’évêque et son clergé, on aurait pu croire que toute tache d’intrusion avait disparu de la personne du prélat. Cependant, les articles du traité de paix d’Anagni attestent qu’à cette époque Louis de Frobourg était comme mis au ban de l’épiscopat de l’empire, à cause de son ordination sacrilège par l’antipape Pascal III. L’évêque de Strasbourg partageait son sort et ils étaient l’un et l’autre séquestrés dans le royaume.4 Frédéric Ier s’était réconcilié avec Alexandre III, qui avait reçu ses envoyés à Anagni le 21 octobre 1176. Il y fut convenu que les évêques de Strasbourg et de Bâle devaient soumettre leur cause à huit ou dix personnes de leur choix, qui en référeraient ensuite au pape et à l’empereur.

En attendant l’issue de cette affaire, Louis de Frobourg dut abdiquer les fonctions épiscopales dont fut revêtu à sa place Hugues d’Asuel, qui était alors prévôt du chapitre de Saint-Ursanne. 5 Mais le nouvel évêque fut enlevé par une mort prématurée, un an à peine après sa prise de possession du siège de Bâle. Il mourut, suivant le liber vitre de la cathédrale, le 15 mai 1177, et fut enseveli devant la chambre des sonneurs, dans la chapelle de S. Gall. 6 Son épitaphe était ainsi conçue :

Anno Domini MCLXXVII Obiit

Rever. Hugo de Hasenburg Episcopus Basiliensis.

Hugues d’Asuel était de la famille noble dont le château s’élevait au dessus du village de ce nom, et qui avait déjà donné à l'Église de Bâle un évêque célèbre, Bourcard d’Asuel. Hugues était en 1146 chanoine de Saint-Ursanne 7 ; en 1173, il figure connue prévôt de ce chapitre; c’est encore au prévôt Hugues qu’Alexandrelll adresse en 1178, la bulle confirmative des possessions de l'Église de Saint-Ursanne. I l était en même temps chanoine de la cathédrale où il fonda son anniversaire avec une rente perpétuelle de six sols de deniers provenant de la

1 Trouillat, t.. I. p. 353. = 2 Solothurner Wochenblatt, 1826, p. 292. = 2 Cartulaire de Bellelay, p. 241 et 242. = 4 „In eodem regno, prædicti séquestres Ex actis pacis Anagniæ tractatis, apud Goldast., t. III, p. 360. = 5 Trouillat, t. I. p. 352, 354, 356, 365. = 6 „Idus Mali. Hugo de Hasenburg episcopus obiit, qui sepultus est ante cameram campanariorum. “ Liber vitæ eccl. cath. Basil.

1 Trouillat, t. I. p. 293.

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