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CHAPITRE XIII

Les désastres de l’incendie qui suivit de si près la visite d’Henri VI, n’empêchèrent pas la fondation d’une chapelle en l’honneur de Ste Marie Madeleine. L’archidiacre de Bâle, Dietherus, fit construire ce sanctuaire dans le cloître de la cathédrale et dota le nouveau bénéfice d’un terrain situé dans la rue de Fer à Bàle, rapportant une cense annuelle de cinq sols, réversible au desservant de Sainte-Madeleine. L’évêque de Bàle fit lui-même la consécration de cette chapelle, qui était comme une réparation et une expiation des désordres antérieurs. 1

Le chapitre de Bâle avait alors parmi ses membres un parent du roi des Romains, Ulrich, comte de Kibourg, qui devint prévôt de Beromunster et chapelain de la cour impériale. 2 (Vers 1186.)

Tandis que la cathédrale était l’objet de la faveur royale, la collégiale de Saint-Ursanne se plaignait de la pauvreté et de l’exiguité de ses ressources. Le pape Lucius III, informé de l’indigence de ce chapitre, pria les évêques de Bâle et de Strasbourg de venir à son secours. Ces deux prélats s’accordèrent pour donner aux chanoines de Saint-Ursanne l’église de Habsheim en Alsace avec ses revenus, sous la condition qu’ils présenteraient une personne capable pour l’administrer. Henri de Horbourg se prêta avec beaucoup d’empressement à cette donation, qui assurait au chapitre en détresse des ressources importantes. Il alla lui-même à Saint-Ursanne dresser l’acte authentique où il voulut faire insérer l’expression de son attachement à ses vénérables frères et amis, les prévôt et chanoines attachés au service de l’église de Saint-Ursanne. „Nous sommes tenus, dit-il, par charité et en vertu de notre charge, de compatir aux nécessités des églises de Dieu, surtout de celles qui sont particulièrement l’objet de notre sollicitude. Or, ayant appris la pauvreté et l’exiguité des revenus de l’église de Saint-Ursanne, nous avons résolu de venir en aide à cette église que nous aimons comme notre fille d’une affection toute paternelle. C’est pourquoi pour notre salut et celui de nos successeurs, nous lui donnons l’église de Habsheim dont elle avait déjà le droit de fondation, pour la prébende et l’usage commun des chanoines de Saint-Ursanne. “ L’évêque signale dans cet acte de donation, que, par la miséricorde de Dieu, il gouverne l'Église de Bàle, depuis six ans. 3

L’abbaye de Pairis en Alsace qui était fille de Lucelle, reçut aussi à la même époque des marques sensibles de la générosité de Henri de Horbourg. L’évêque de Bàle n’oubliait pas qu'il avait connu les joies de la vie religieuse dans l’ordre de Cîteaux. A la prière de l’abbé de Pairis, et avec le consentement du chapitre cathédral, il donna à ce monastère un pâturage près de Kembs, sous la cense annuelle de dix sols, et d’une paire de souliers pour le garde champêtre ou de douze deniers représentant le prix de cette chaussure. (Vers 11 87.) 4

Une autre fille de Lucelle, l’abbaye du Lieu-Croissant, ou des Trois Rois, près de l’Isle sur le Doubs, fut aussi l’objet de la pieuse libéralité d’Henri de Horbourg. Il exempta le monastère de tout droit de péage dans l’évêché de Bâle. (1188.) 5 Mais c’est à sa chère maison de Lucelle que l’évêque cistercien gardait ses plus chères affections. Nous en avons pour gage l’acte de donation qu’il fit dresser à Bàle en faveur de cette abbaye. Il s’adresse à Wezelon, vénérable abbé du

1 Ch. Urstisii Rhapsodiæ rerum variarum, p. 812, à la bibliothèque de Bàle. = 2 Hergott, geneal.

dipl. Habsb., t. II. p. 200. = 3 , . . . Basiliensis ecclesie, cui pei- Dei misericordiam presidemus . . . anno

apostolatus nostri sexto. “ Trouillat, 1. 1. p. 403, 404. = 4 Codex dipl. eccl. Basil., foî. 62b. = ° Wurdt-

vvein, nova subsidia dipl., t. X. p. 144.

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