CHAPITRE II
placer la transformation de Bâle, devenue en peu d’années une des cités remarquables de la Séquanie (Maxima Sequanorum).
C’est à cette époque aussi que l’évêque des Rauraques, quittant le Castrum Rauracense , qui n’était plus qu’une station fortifiée et un village, transféra son siège dans la ville voisine, devenue par l’émigration des habitants d 'Augusta, une autre capitale. Désormais il prendra le titre (Y évêque de Bâle , ou d ’Augusta et de Bâle , connue nous le verrons plus tard.
C’est à cette époque de transition, alors que Bâle devenait une ville, civitas , qu’il faut placer S. Pantale, qu’on a pu appeler à juste titre le premier évêque de Bâle, si l’on veut entendre par là le premier évêque des Rauraques ayant résidé à Bàle. D’après les légendes de nos plus anciens bréviaires, „ S. Pantale était un personnage vénérable, un homme d’une grande sainteté et dévotion, placé le premier par la Providence divine, à la tête de l’église de Bàle. 1 Tandis que la nation barbare des Huns dévastait les Gaules, la Germanie et l’Italie, il remplit courageusement l’office de bon pasteur et fortifia par son exemple et sa parole les fidèles du Christ. En ce temps là, la bienheureuse Ursule et ses compagnes arrivèrent à Bàle, se dirigeant vers Rome. Elles furent reçues solennellement par l’évêque Pantale et son clergé; puis, après quelques jours de repos, elles prirent le chemin de Piome, sous la conduite de l’évêque de Bàle. Ce fut également le bienheureux Pantale qui les ramena à Bàle, et les accompagna par le Rhin jusqu’à Cologne. Les Huns les surprirent à leur débarquement et les mirent cruellement à mort. C’est ainsi que le bienheureux Pantale, évêque, ayant vécu vierge, fut couronné du martyre avec ces saintes vierges. “
Telle est la légende de S. Pantale, reproduite à peu près dans les mêmes termes, dans le bréviaire manuscrit de l’évêque de Bàle, Frédéric zeRhein en 1430, dans le bréviaire bâlois imprimé en 1515, dans le bréviaire et dans le martyrologe bâlois édités par ordre du prince-évêque Christophe de Blarer en 1583 et 1584. 2 Ces anciens livres liturgiques donnent à S. Pantale le titre de martyr et de premier évêque de Bàle, et le rite double. 3 Le Proprkmi Basiliense de 1697 ne donne plus à S. Pantale le titre de premier évêque de Bàle, mais il est élevé au rang de patron du diocèse, et au rite de double' de première classe avec octave. Ainsi dans les autres éditions de ce Proprimn 1 7 1 0, 1 7 38. 4 Lorsque la Sacrée Congrégation des Rites donna au Propre de Bàle son approbation le 30 septembre 1869, elle examina de près la question de S. Pantale. Dans les leçons qui furent composées par son ordre, et d’après des données historiques fournies par les trésors liturgiques
1 „Venerabilis autistes Pantalus, vit- magnæ sanctitatis et devotionis, divina providentia primus cathedrali infula Basiliensis ecclesiæ . . . Vere bonus pastor . . . sine timoré ac trepidatione, tideles in tide christiana viriliter confortavit . . . Basileam applicuerunt . . . statimque antistes Pantalus, tune basiliensis, ut profertur, episcopus. eas cum omni clero suo solemni processione suscepit; tandemque post aliquot dies, ipsas pedestres Romain usque perduxit . . . Cum beato Pantalo episcopo Basileam reversæ sunt . . . Cum memorato Pantalo episcopo per decursum Rheni defluentes, Coloniam applicuerunt . . . Barbara gens Hunnorurn . . . totarn illam multitudinem occiderunt. Sicque beatus Pantalus episcopus, cum et ipse virgo existeret, cum sanctis virginibus martyrio coronatur . . . — “ Extrait d’un bréviaire manuscrit du diocèse de Bàle. antérieur à 1461, à la bibliothèque de Porrentruy. = 2 On lit dans le martyr, bas il. au 4 des ides d’octobre (XII uct.) : „Sancti Panthali episcopi Basiliensis martyris, qui tempore Maximi Imperatoris D. Ursulam adeoque sacrum ilium undecim millium virginum chorum.
Romam et in reditu Coloniam usque comitatus est. Ubi cum illis ab Iiunnis interfectus martyrii palmam
obtinuit. “ = 3 „ S. Panthali martyris primi episcopi Basiliensis. “ Brev. d. 1430.= 4 S. Pantale se trouve aussi dans le inartyrologium Coloniœ, édité en 1490 au 31 octobre; — dans le catalogue des saints de
Pierre de Natalibus, lit». IX. p. 195.