S. PANTALE, PREMIER ÉVÊQUE DE RALE
de cette illustre Congrégation, S. Pantale fut placé parmi les premiers évêques de l’Eglise de Bàle ou des Rauraques. Il fut martyrisé à Cologne avec Ste Ursule et ses compagnes. Au XIIe siècle, dans des fouilles faites à l’église de Ste Ursule où reposaient les reliques de nombreux martyrs, on trouva un tombeau portant le nom de Pantale, évêque de Bàle. Les leçons du Propre de Bàle mentionnent également la translation de la tête du saint martyr à Bàle, et le choix de ce saint évêque pour patron du diocèse. La S. Congrégation lui conserve ce titre de patron secondaire, celui de martyr et d’évêque avec le rite double de seconde classe. 1 S. Pantale est donc honoré dans le diocèse de Bâle le 12 octobre et vénéré comme un de ses patrons et de ses premiers évêques. Voilà le fait liturgique acquis et maintenu, après le sérieux examen de la Congrégation romaine.2
Les objections n’ont pas manqué à la mémoire et au culte du S. Pantale. On lui a reproché d’avoir été inconnu dans le diocèse de Bàle avant le XIIe siècle. Il est certain que les documents antérieurs à cette époque font défaut, mais est-ce un motif suffisant pour repousser ceux qui nous arrivent après six siècles? Que de faits oubliés, inconnus, perclus dans la mémoire des peuples, ont réparu au grand jour et sont devenus de nouveau du domaine public, après d’heureuses découvertes. Les barbares ravagent les bords du Rhin; les Huns dévastent ces contrées et y portent le fer et le feu. L’évêque de Bâle, fuyant peut-être les barbares qui ne cessent de franchir le Rhin et d’envahir la ville épiscopale, se réfugie à Cologne, où il trouve une mort glorieuse avec d’illustres martyres. A Bàle, son souvenir disparaît avec sa présence et son tombeau qui demeure inconnu. Les documents qui relatent son épiscopat, périssent au milieu de tant de cataclysmes avec ceux qui mentionnent ses successeurs inconnus comme lui. Ça et là un concile des Gaules, une page de quelques annales de couvent rappellent un ou l’autre de ces pontifes de l’Église de Bàle, mais c’est tout ; leur mémoire a disparu de cette terre qu’ils ont évangélisée, et il faut les recherches de la science pour les ressusciter de l’oubli où ils sont plongés. Donc S. Pantale a pu avoir été à Bàle évêque, dans la première moitié du Ve siècle, sans que les monuments en fassent mention avant le XIIe siècle. Mais un jour, c’était en 1157, on fait des fouilles au champ des martyrs, dans l’église de Cologne où sont les martyrs si célèbres de cette ville privilégiée. Tout à coup une pierre sépulcrale apparaît, portant le nom de Pantiilus episcopus Basiliensis. 3 C’était une révélation qui avait une importance majeure pour l’Église de Bâle. Tandis que Cologne élevait de terre les reliques du saint évêque, et les plaçait dans une châsse de prix à l'église des Macchabées,4 * * * l’évêque de Bàle sollicitait au nom de tout son diocèse, quelques ossements de S. Pantale, rendu si merveilleusement à la mémoire et au
1 t oir le Proprium Basiliense, Mechliniæ 1876 pars autumn. p. 21. - 2 On peut citer parmi les
auteurs favorables à S. Pantale: Wurstisen. Chron. Basil., t. II. p. 9; Lang, 1. 1. p. 931 ; Haf'fner, Theatrum Solodor.. p. 160; Spreng, Des christlicben Rauraths uncl Basels Ursprung, p. 1 î 3 . lié; Plantin, Helvetia antiqua et nova, p. 251 ; B. Rhenanus, Rer. germ., 1. III. p. 237 ; Stumphius, 1. XIII. p. 655; Otho Frising.
I. I\ c. 28; Sudan, Basilea sacra, p. 16; P. Voisard. Histoire des Évêques de Bâle ; Maldoner, Hist.. eccl.
Basil... Bontinius decad., 2.1. 1 ; Pierre de Natalibus, 1. IX. c. 87 ; Pet. Gratepolius, de Germ. episcopis, 1. 1. =
” Crornbach, Urs. vind., 1. VIII. p. 725, rapporte, comme suit, l’epitaphe de S. Pantale: „S. Pantalus
Basiliensis episcopus, qui virgines sacras cum gaudio susceptas Romam perduxit; unde reversus Coloniam pervenit. ibique cum eis martyrium suscepit“. = 4 Crombachius, Urs. vind., assure avoir vu lui-même dans 1 église des Macchabées construite dans le champ de St8 Ursule, le tombeau de S. Pantale. Plu-
sieurs autres auteurs l’ont visité également. (Acta SS. VI octobris.) Les ossements de S. Pantale pré-
senteraient encore des traces visibles du martyre du saint évêque. (Lutolf. les apôtres de la Suisse.)