‹ Histoire des Évêques de BaleChapitre 164 sur 496 · L’ÉVÊQUE DE BALE FAIT PARTIE DE LA CINQUIÈME CROISADE · texte numérisé non relu

L’ÉVÊQUE DE BALE FAIT PARTIE DE LA CINQUIÈME CROISADE

S. Jean, 24 juin 1205. Les reliques qu’il apportait étaient du sang de Notre Seigneur, du bois de la vraie croix, des os de S. Jean-Baptiste, un bras de S. Jacques et un grand nombre d’autres. La translation miraculeuse de ce trésor est célébrée avec pompe par le moine Gunther, auquel elle causait plus de surprise et de joie que la conquête d’un grand empire. Si l’on en croit la relation du moine allemand, les anges descendaient du ciel pour veiller sur les reliques de Martin Litz ; sur la route du saint abbé, les tempêtes de la mer se taisaient, les pirates restaient immobiles ; les brigands, fléaux des voyageurs, s’arrêtaient, saisis de respect et de crainte. Enfin Martin Litz fut reçu à Bàle en triomphe, et les trésors qu’il avait sauvés de tant de périls furent distribués aux principales églises de son diocèse. 1 Il est probable que l’évêque de Bâle revint de Terre Sainte à la même époque et qu’il eut sa part du butin sacré rapporté de Constantinople. Le trésor de la cathédrale renfermait de précieuses reliques qui ont dû lui être rapportées par ces

Le château de Rôtheln en 1653.

illustres croisés. Le catalogue authentique de ces reliques aujourd’hui déposées dans l’église abbatiale de Mariastein, porte plusieurs morceaux de la vraie croix, des fragments de la colonne de la flagellation, du sépulcre de Notre Seigneur, du roseau dérisoire, du Calvaire, du jardin des Oliviers, du tombeau de la Ste Vierge, une partie de l’index de S. Jean-Baptiste, un bras de S. Philippe, apôtre, un pied d'un des saints Innocents, et beaucoup d’autres reliques. II est probable que l’abbé Martin et aussi sans doute l’évêque de Bâle, enrichirent de ce trésor inappréciable la cathédrale où ils avaient déposé à leur retour le bourdon de pèlerins, au milieu des cris de joie et des applaudissements du peuple chrétien. 2

L’abbaye de Lucelle eut aussi sa part du pieux larcin de l’abbé Martin, qui n’oublia point les liens de filiation qui l'unissaient à ce monastère vénéré. C’était Conrad de Radoltzdorf qui était alors abbé de Lucelle : le couvent était dans toute sa ferveur et comptait plus de deux cents moines chantant nuit et jour les louanges

1 Gunther, N° 19. Otto a S. Blasio, c. 49. Le curieux récit de Gunther est traduit dans la Bibliothèque des Croisades, t. III. — Michaud. Hist. des Crois., t. II. p. 301. — Rohrbacher, t. XVII. p. 198. = 2 Cata-

logue des reliques de la cathédrale de Bâle, dans notre collection.

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