HENRI DE THOUNE, EVEQUE DE BALE
Plainte fut portée par le chapitre de Bâle contre l’élection de Walther de Rotheln et contre les aliénations faites par lui au détriment de son église. Le concile général de Latran qui se tint à Rome du 11 au 30 novembre 1915 fut saisi de cette affaire et prononça la déposition de l’évêque nommé de Bâle, comme entachée d’irrégularités. 1 Le liber vitœ de la cathédrale de Bâle marque le décès de Walther de Rotheln au 93 septembre, mais sans en fixer l’année. A son anniversaire, le chapitre percevait vingt sols d’une terre sise au village de Hagna près Rotheln. Chaque chanoine présent avait un sol, à condition de fournir l’huile et deux cierges d’une demi livre qui devaient brûler le jour de l’anniversaire. Le reste de la fondation revenait aux prêtres. En 1469, cette redevance fut rachetée au chapitre. Il est à remarquer que le nécrologe de la cathédrale ne donne pas à Walther de Rotheln le titre d’évêque de Bâle, qui lui avait été enlevé par le concile de Latran. 2
Après Walther de Rotheln, quelques historiens de l’évêché et notamment Tschudi, dans sa Chronique (pars I. p. 113), placent sur le siège épiscopal Bertholde III du nom. Us apportent pour preuve de leur assertion, un diplôme de Frédéric II en faveur de l'église de Beromunster, du mois de mars 1993, qui cite parmi les témoins Berclitoldus, Basiliensis episcopus. Comme il est prouvé par des titres authentiques que de suite après la déposition de Walther de Rotheln, Louis de Thoune fut élu à sa place, on ne peut qu’attribuer à une erreur de chancellerie la mention de Berclitoldus comme évêque de Bâle.
Un acte de 1916, renfermant les statuts de l'église collégiale de Saint- Amarin donnés par Arnold, abbé de Murbach, signale en propres termes la déposition de Walther de Rotheln et son remplacement sur le siège de Bâle par l’évêque Henri; — Walthero .... venerabili Henrico Basiliensi episcopo in Ghristo succedente. 3 L’annaliste de Strasbourg, auteur contemporain, assigne aussi Henri de Thoune comme successeur de Walther de Rotheln. 4
Henri de Thoune appartenait à la famille de ce nom dont le château s’élevait auprès de la ville de Thoune (canton de Berne). 5 * Un acte de cet évêque du 3 avril 1996, porte le nom de famille du prélat, et ne laisse plus de doute sur son origine: il s’appelle Henri par la grâce de Dieu, évêque de Bâle, dit de Tuna. G Les annales d'Einsiedeln donnent pour frère à Henri de Thoune, le seizième abbé de Notre-Dame-des-Ermites, Conrad, qui gouverna cette célèbre abbaye de 1913 à 1934, et un archevêque de Saltzbourg, du nom de Rodolphe. 7 Le catalogue des archevêques de cette ville célèbre, dressé par Bucelin, ne mentionne aucun prélat de ce nom au XIIIe siècle. 8 II faut donc rejeter cette assertion de l’annaliste d’Einsiedeln, comme celle de Wurstisen, qui affirme également que Jean de Brienne, roi de Jérusalem, était frère de l'évêque de Bâle, 9 Henri de Thoune. La famille noble de Brienne tirait son origine de France et n’avait rien de commun avec celle de Thoune, sur les bords du lac de ce nom. 10
1 „Anno 1215, Waltherus, episcopus Basilierjsis, deponitur ali honore." Annales Colm. p. 6. -
-Anno MCCXV Walterus, Basiliensis electus, diffamatus est quod non canonice intraverit. Unde coram
limocentio papa tractus est in causam et ibidem depositus." Ann. Arg.. 111. 108. = 2 „ VIII Kal. octob.
Waltherus de Rœtenlein obiit." Liber vitæ cathed. = 3 Schœpflin, Als. dipl., 1. 1. p. 331. = 4 Les annales
de Strasbourg s’étendent de 631 à 1238. „Cui (Walthero) Henricus successit." 111. 108. = 5 Sudan,
Basilea sacra, p. 220. = G De l’original, aux archives de Berne. Communication de M. M. de Sturler. =
Regnier, Chronique d’Einsiedeln, p. 83. = 8 Bucelini, Germania sacra, t. l.p. 42. = 9 Sudan. Basilea
sacra, p. 221. = 10 Voir Moreri, Dictionnaire historique, article Brienne.