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CHAPITRE XIV

L’auteur de la Basilea sacra affirme, avec aussi peu de raison, que l’évêque Henri de Thoune assista en 1 2 1 5 au concile de Latran. A cette époque, Walther de Rotheln était encore l’évêque nommé de Bâle et ce ne fut qu’après sa destitution portée par le concile de Latran que Louis de Thoune fut élu évêque de Bâle; il ne put donc en cette qualité, figurer parmi les Pères de ce concile. 1 Le premier acte où figure le successeur de Walther de Rotheln est du 13 mars 1217. Le pape Honorius III autorise un compromis conclu par l’évêque de Bâle au sujet des aliénations faites par Walther, élu de Bâle, son prédécesseur ; — predecessor tuus. 2 La même année (1217), Henri de Thoune atteste une fondation dans l’église de Saint-Léonard à Bâle. 3 Peu après, le 12 septembre 1218, l’empereur Frédéric lui délivre à Ulm où il a porté ses hommages et ses prières, un diplôme de confirmation où il appelle l’évêque de Bâle Henri, son prince bien aimé, — Dilecto Principi sao. Le monarque reconnaissant sa fidélité et son dévouement à l’empereur et à l’empire, veut pourvoir à l’honneur et au repos de l’évêque et de son église ; c’est pourquoi il confirme au prélat tous les droits et les prérogatives dont ses prédécesseurs ont joui, surtout à Bâle et à Brisach, sous son illustre père Henri, d’heureuse mémoire, empereur des Romains et roi de Sicile. 4 En même temps, par une charte spéciale, Frédéric II donne à l’évêque de Bâle, le droit de percevoir, à l’exclusion de tout autre, le péage nouvellement établi dans sa ville épiscopale, sous le nom d’Umgelt. 5 Henri de Thoune a porté plainte à l’empereur et aux princes de sa cour, contre les Bâlois qui ont établi un conseil sans le consentement de leur évêque. L’affaire a été soumise à

l’examen des conseillers de l’empire qui chargent l’archevêque de Trêves de

faire rapport au souverain: le vénérable rapporteur conclut qu’on ne peut et qu’on ne doit pas donner ou établir un conseil dans la cité du prince de Bâle, sans le consentement et la volonté de l’évêque et de ses successeurs dans cette principauté. On consulta par ordre tous ceux qui étaient présents à l’audience impériale, princes, nobles, barons ; tous confirmèrent le rapport de l’évêque de Trêves. Puis l’empereur, de son autorité suprême, révoqua, déposa et annula entièrement le conseil de Bâle, déclarant nul tout privilège que les Bâlois pourraient tenir à ce sujet de l’empire et leur défendant d’en user. Comme gage

de son affection et de ses bonnes grâces envers l’évêque de Bâle, l’empereur

formula la défense expresse aux Bâlois d’établir un conseil ou une autre institution analogue sans l’assentiment et la volonté de leur évêque. Le diplôme impérial, délivré à Henri de Thoune, fut scellé du sceau d’or de l’empire, portant d’un côté le roi assis sur un trône tenant le sceptre de la main droite, de la gauche le globe surmonté d’une croix, avec cette légende : Fridericus Dei gratia Romanorum Rex semper Augustus et Rex Siciliœ. Le revers présentait l’image d’une basilique au milieu d’une ville. A l’entrée de cette basilique on lisait: Aurea Roma. A l’exergue: Roma, capot mundi, régit orbis renci rotundi. 6 Parmi les témoins signalés dans cette charte importante, on remarque les évêques de Passau et de Lausanne, les abbés de Saint-Cfall et de Murbach, le grand-prévôt de Constance, protonotaire de la cour' impériale, les ducs de Lorraine et de Bavière, les comtes de Kibourg, de Neuchâtel, le marquis de Bade, etc. L’évêque

1 Sudan, Bas. sac., p. 221. = 2 Schœpflin. hist. Zaring. Bad., t. V. p. 145. = 3 Cartul. de S. -Léonard,

fol. 7 b. = 4 Codex dipl. eccl. Bns., p. 50. = 6 Trouillat, 1. 1. p. 474. = 0 Codex dipl. eccl. Bas., p. 29.

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