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CHAPITRE XIV

tribut que le concile de Latran avait imposé à tous les dignitaires ecclésiastiques pour le secours de la Terre Sainte. Une reconnaissance du légat du saint siège, l’évêque de Porto, conservée dans les anciennes archives de l’évêché de Bâle, constate qu’en cette même année 1230, l’évêque de Bâle paya entre ses mains les quarante marcs d’argent qu’il devait pour sa part d’impôt, suivant les statuts du concile général, en faveur des saints lieux. 1

Henri de Thoune avait dû recourir aux emprunts pour faire face aux exigences de sa haute position. Aussi le voyons-nous en 1223 (2 décembre) engageant pour trente marcs d’argent au chapitre de la cathédrale les droits de péage perçus sur les bêtes de somme et les voitures qui passaient par Bâle, venant de Lombardie ou de France. Les chanoines devaient percevoir les revenus de ce péage depuis l’Ascension de 1224 jusqu’à payement entier des trente marcs et de l’intérêt prélevé par les juifs sur le trésor de l’Église. 2

Le chapitre avait vu ses revenus s’accroître successivement par d’importantes donations. Molestés dans la possession de leurs bénéfices, par des nobles qui s’érigeaient en avoués ou défenseurs des biens qu’ils s’appropriaient, les chanoines de Bâle avaient porté leurs plaintes aux pieds de l’empereur, qui avait soumis l’affaire à l’examen de sa cour. Les droits des appelants furent prouvés et justice leur fut rendue par sentence impériale (1 190). 3 En outre, quelques années après cette mesure si avantageuse au chapitre, le pape Célestin III avait confirmé ses possessions, par une bulle du 1er février 1 195. 4 Plus tard, en 1225 (4 septembre) le duc de Méranie, Othon, sur la prière de l’évêque de Strasbourg et de l’abbé de Murbach, avait donné à la Sainte Mère de Dieu et à l’Église de Bâle la moitié des enfants de Pierre Reich qui avait été investi d’un bénéfice de camérier de l’évêque de Bâle. Les enfants de Pierre Reich ou le Riche, comme l’appelle le duc Othon, appartenaient à ce seigneur qui, voulant les favoriser, consentit à en céder la moitié au chapitre de Bâle; ils avaient un oncle, Wilhelm le Riche qui était alors chanoine et camérier de la cathédrale. 5

La même année, le chevalier Ulrich de Zurich donna aussi à l’Église de Bâle les gens qu’il possédait alors dans cette ville. C’était la femme de Henri Faber de Liestal, nommé Adélaide, Guta, sa fille, Ulric, son frère, et Gisèle, sa sœur, et ses deux fils. Cette donation faite en l’honneur de la très sainte Vierge Marie, à la sacro-sainte Église de Bâle, fut remise entre les mains du ministériel du chapitre qui dut conduire à la cathédrale et présenter à la très glorieuse Vierge les gens qui devenaient sa propriété (2 mars, 1 225). 6 Henri de Thoune accepta cette donation, qui assurait à son église la possession à perpétuité de cette famille (1226). 7

L’intervention bienveillante et officieuse de l’évêque de Bâle se signalait à cette époque en faveur des maisons religieuses de son diocèse. Nous le trouvons déjà en 1221 maintenant par un jugement arbitral les droits du couvent de Saint- Alban, à Bâle et fixant les limites de la juridiction de l’avoué de ce monastère. 8

En 1222, Henri de Thoune exempte la chapelle de S. Maurice à Sigolsheim de la juridiction de l’évêque de Bâle. Cette chapelle avait été consacrée par le

1 Trouillat, t. III. p. 609. = 2 Ochs, Geschichte der Stadt und Landschaft Base], I. p. 297. =

3 Codex dipl. eccl. Basil., fol. 38b et 94. = 4 Ibid. fol. 44b. = 5 Livre des fiefs nobles, fol. 65b.

nln honore sanctissime virginis Marie, sacrosancte ecclesie Basiliensi . . . ipse predictos homines glorio-

sissime Virgini deferret . , . “ Codex dipl. eccl. Basil., fol. 38. = 7 Trouillat, t. I. p. 508. = 8 Cartulaire

de Saint-AÎban, fol. 30.

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