FONDATION DU CHAPITRE DE SAINT-PIERRE A RALE
bienheureux Léon IX pape : c’était un fait notoire, connu de l’évêque et de toute la contrée. Cette consécration exemptait le sanctuaire de la juridiction de l’ordinaire. C’est pourquoi ni l’abbé de Saint-Maurice ni le moine qu’il chargeait de desservir cette chapelle ne pouvaient être contraints de paraître au synode de l'Église de Bâle: du reste on n’y faisait ni baptême. ni enterrement. En vertu d’une donation faite par le même acte, du consentement de son chapitre, Henri de Tlioune assura la possession de cette chapelle à l'abbé d’Ebermunster (près de Schlestadt) et à ses successeurs.1 Ce monastère possédait depuis un temps immémorial les dîmes de Saint-Maurice de Sigolsheim. L’évêque de Strasbourg, Henri de Veringen, s’en empara. L’affaire fut portée en 1332 au synode bàlois. Les religieux d’Ebermunster prouvèrent, pièces en mains, leur droit séculaire ;
l'évêque de Strasbourg vint lui-même à Bâle soutenir ses prétentions. Les parties ouies, Henri de Thoune, au nom du synode, confirma et reconnut les droits d’Ebermunster sur les dîmes de Sigolsheim.2
Un autre monastère, Biirgeln, dans le voisinage du Petit-Bâle, éprouva également la bienveillance de l’évêque de Bâle. On avait construit un pont sur le Rhin ; le couvent de Bürgeln avait contribué à ce travail par une somme d’argent qu’il avait volontairement versée entre les mains du conseil de la ville et de l’évêque. En reconnaissance, Henri de Thoune, de l’avis et du consentement du chapitre, des officiers et de tout le peuple de Bâle, accorda à perpétuité en 1225 le passage gratuit sur ce pont aux religieux de Bürgeln. L’acte qui leur assure ce droit fut scellé des sceaux de l’évêque, du chapitre cathédral et de la ville de Bâle.3
1 SchœpfL, Als. dipl., 1. 1. p. 349. = 2 Trouill., 1. 1. p. 487,[= 3 Gerbert, Cod. dipl. hist. Silv. Nigr., p. 129.