MORT DE L’ÉVÊQUE HENRI DE THOUNE
Beromunster. 1 (Brugg 15 août 1227.) L’évêque de Bàle reçut encore d’autres faveurs qui attestent le crédit dont il jouissait auprès des puissances de son temps. Le marquis de Bade lui contestait la propriété des mines d’argent du Brisgau. Henri de Thoune alla trouver le roi des Romains Henri à Francfort où il tenait sa cour et prouva par des pièces authentiques la donation de ces mines faites à l’Église de Bàle par les empereurs et les rois d’Allemagne (Conrad II en 1028, Henri IV en 1073, Lothaire II en 1131, Conrad III en 1139). Le monarque, du consentement des grands de l’empire, reconnut et confirma la possession séculaire de l’Église de Bâle (1er février 1233). 2 Eginon, comte de Fribourg, reçut en fief ces mines et le droit de chasse du Brisgau de l’évêque Henri de Thoune. Le roi des Romains ratifia et confirma cette inféodation, en reconnaissant de nouveau les droits de l’Église de Bâle le 15 février 1234. 3 A quelques mois de là, le roi Henri délivra à l’évêque Henri de Thoune une charte de confirmation de tous les droits et privilèges de son siège. Le monarque est à Haguenau, où il se révolte contre l’empereur, son père. Il veut s’assurer des partisans et des amis puissants. Aussi dans le diplôme qu’il délivre à l’évêque de Bàle, il signale „les mérites de son cher prince le vénérable évêque de Bâle, l’honneur et le droit de son église qui est toujours restée inébranlable dans sa foi et dans sa fidélité au roi et à ses aïeux; il porte une affection très grande à l’évêque et à l’église de Bâle; en témoignage de ses sentiments, il confirme les droits et les privilèges dont ils ont joui jusqu’à présent, voulant qu’ils en demeurent paisibles possesseurs" (3 octobre 1234). 4
Henri de Thoune avait aussi des droits en Ajoie et dans le Salsgau : ces droits lui étaient contestés par ses remuants ennemis, les comtes Ulrich et Louis de Ferrette. On en vint à une composition qui régla les points en litige (vers 1234). Les hommes de l’Église de Bàle, ou de Saint-Germain de Moutier, ou de Saiut- Ursanne qui ont demeuré à Porrentruy, ne doivent aucun service à l’évêque de Bàle; s'ils sont en Ajoie, ils le doivent; dans le faubourg de Ferrette, ils doivent servir l'évêque et le comte. Une fois par an, quand l’évêque va voir l’archevêque de Besançon, les ministériels d’ Ajoie lui doivent un repas à l’aller et au retour. A l’arrivée de l’empereur ou du roi à Bàle, l’évêque recevra pour son service, quatre écus appelés écus du roi. En Ajoie, dans le Salsgau, à Rœdersdorf, l’évêque doit placer des maires qui devront se faire accepter par les avoués et leur payer ce qu’ils payent à l’évêque. Ces maires ont seuls l’administration de la justice; s'il se trouve des hommes auxquels ils ne puissent faire justice, l'évêque ou le comte suivant l’appel les jugera, et s’il y a quelque profit en argent, il sera partagé entre les deux. Si l’évêque ou le comte vient en personne dans les pays désignés ci-dessus, le maire du lieu lui fournira, par les hommes de l'advocatie, le foin, la paille et les poules nécessaires; le reste, il le fera acheter, comme il conviendra. Tout impôt doit être annoncé et prélevé par le maire devant les envoyés de l’évêque ou du comte; la moitié doit en être versée d’abord à l’évêque, l’autre à l’avoué; s'il y a résistance, l’avoué doit contraindre. Les voleurs arrêtés doivent être d’abord livrés à l’évêque, puis au comte . . . Toutes ces dispositions furent réglées et arrêtées à Delémont, en présence de
1 Hergott. geneal. dipl. Habsb., t. II. p. 233. = 2 Codex dipl. eccl. Basil., fol. 49 b. = 3 Schœpflin.
Hist. Zaring. Baden., V. 189. = 4 Codex dipl. eccl. Basil., fol. 101.