BERTHOLDE DE FERETTE, EVEQUE DE BALE
celui de Biningen, aux portes de Bàle, dont l’église devait désormais appartenir au chapitre (4 juillet 1251). 1
Quelques jours après cette convention, l’évêque Bertholde portait son attention sur la chapelle de Saint -Vincent de Bàle et autorisait Erckenfride, chantre de sa cathédrale, à bâtir une maison près de cette chapelle pour les desservants de ce sanctuaire (23 juillet 1251). 2 En même temps, l’évêque de Bàle prenait sous sa protection spéciale l’abbé et le couvent de Frienisberg fondé par ses ancêtres. Il leur accorda la bourgeoisie de Bienne, avec tous les avantages et privilèges qui y étaient attachés et en même temps les recommanda chaudement à la bienveillance du maire et des habitants de Bienne, qui devaient empêcher toute molestation ou attaque contre ce monastère. ' Ce que faisant, ils feraient acte agréable à Dieu et à l’évêque (20 janvier 1251). 3
L’abhaye de Lucelle dont les comtes de Ferrette avaient été les bienfaiteurs, comme aussi les persécuteurs implacables, fut également l’objet des sollicitudes ei des bienfaits réparateurs de l’évêque de Bàle. Le couvent de Michelbach, fondé par les nobles de Ferrette, sur leurs terres, pour des religieuses bénédictines, était dégénéré de son antique ferveur. Bertholde de Ferrette, après une visite minutieuse du monastère, faite au nom du saint siège et en son propre nom, en jugea la réforme impossible; c’est pourquoi, du consentement de son chapitre, après avoir pris conseil des religieux de l’ordre de S. François et de S. Dominique, et d’autres personnes craignant Dieu, avec l’agrément de son frère Ulrich de Ferrette qui renonça à l’avocatie de Michelbach, il annexa ce monastère avec le peu qui lui restait, à l’abbaye de Lucelle, de qui dépendraient désormais les religieuses bénédictines. L’évêque leur assurait un entretien convenable, si elles s’en montraient dignes. Gomme Michelbach était immédiatement soumis à l’Église de Bàle, Lucelle s’engagea à payer chaque année au doyen de la cathédrale quarante sols, aux chanoines soixante, à la chapelle de la cour épiscopale fondée à Bàle par Bertholde de Ferrette, dont le doyen avait la collature, soixante sols payables à la Nativité de la Ste Vierge (22 novembre 1253). 4 Le pape Innocent IV, par une bulle donnée à Assise le 8 mai 1254, confirma cette annexion, qui n’amena aucune amélioration dans la marche du couvent de Michelbach. 5 „ Tournant le dos,
comme le dit l’évêque de Bàle, dans sa charte de 1256, aux observances claustrales, et se laissant entraîner à des désordres scandaleux et damnables, elles menèrent une vie tellement dépravée et pernicieuse que toute correction parut impossible." Aussi Bertholde de Ferrette déchargea l’abbaye de Lucelle du soin de procurer l’entretien de ces religieuses indignes et les expulsa par sentence juridique, de leur monastère, en leur réservant toutefois un asile dans d’autres couvents de son diocèse. Après de longs pourparlers les bénédictines firent entre les mains de l’évêque la promesse de quitter Michelbach et de laisser les moines de Lucelle
paisibles possesseurs de leur couvent que Bertholde de Ferrette leur remit avec
toutes les formes canoniques (1256). 6 Le pape Alexandre IV confirma cet acte par une bulle du VII des calendes de février de la troisième année de son règne.
Le frère de l’évêque, le comte Louis, renonça en 1259 en faveur de Lucelle au
droit d’avocatie qu’il possédait sur Michelbach. En échange, l’abbaye lui donna
1 Codex dipl. eccl. Basil., fol. 46 b. = 2 Urstisius, codex dipl. Bruckn., fol. 410. = 3 Trouillat. 1. 1.
p. 589. = 4 Cai'tul. de Lucelle, p. 188. — Epitome fast. Lucell., p. Î46. = 5 Ibid., p. 189. - 6 Ibid., p. 190.