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CHAPITRE XV

pour cette renonciation, dix marcs d’argents, moins un sol (1259). 1 Le couvent de Michelbach devint une des prévôtés dépendant de Lucelle, sous le nom de Saint- Apollinaire , qui y recevait un culte spécial et de nombreux pèlerins. 2

Bertholde de Ferrette voulut témoigner l’affection qu’il portait à Cîteaux en fondant vers 1252 près du Rhin, à côté des murs de la ville, un monastère de cisterciennes, qu’il tira du couvent de Tennicken du diocèse de Constance. Douze religieuses arrivèrent à Bàle sous la conduite de la première abbesse Ida de Schônenberg. Le frère de l’évêque et ses proches contribuèrent à la fondation du monastère de Michelfelden qui reçut le patronage de l’église de Ferrette. :i

La sollicitude de l’évêque de Bàle ne se borna pas à l’abbaye-mère, mais les filles de Lucelle eurent aussi part à ses bienfaits. Le monastère du Lieu-Croissant (diocèse de Besançon), qui prit plus tard le nom des Trois-Rois parce qu’il obtint des reliques de ces illustres saints, avait été réduit à une extrême misère par les guerres et le pillage des brigands. Les religieux étaient sans ressources et ne pouvaient relever leurs bâtiments ruinés par les pillards : ils eurent recours à Lucelle, leur mère qui supplia l’évêque de Bàle de venir à leur aide. Bertholde de Ferrette remit aux pauvres cisterciens une lettre pastorale qui recommandait à la générosité du clergé et des fidèles de son diocèse l'abbaye du Lieu-Croissant. „ Puisque, dit-il, selon le langage de l’apôtre, nous paraîtrons tous devant le tribunal du Christ, pour recevoir la récompense ou le châtiment du bien ou du mal que nous aurons fait, il faut prévenir ce jour de justice suprême par des œuvres de miséricorde et en vue de l’éternité, semer sur la terre ce que Dieu nous rendra au centuple dans le ciel, gardant fermement l’espérance et la foi que celui qui sème peu, récoltera peu, et que semer dans les bénédictions, c’est s’assurer la vie éternelle, fruit précieux de ces bénédictions. C’est pourquoi l’évêque recommande les envoyés de l’abbaye du Lieu-Croissant : il veut qu'on leur fasse un bon accueil, que le peuple se réunisse dans les églises, au besoin deux villages ensemble, qu’en l’honneur de la très glorieuse Vierge Marie, on cesse le travail jusqu’après la messe et que tous s’occupent du monastère de Dieu, si cruellement éprouvé. A ceux qui lui viendront en aide par leurs aumônes, une indulgence de quarante jours est accordée par l’évêque de Bàle, en vertu de la miséricorde de Dieu tout-puissant, de la clémence de la glorieuse Vierge Marie, et des mérites des vénérables trois mages, dont les sacrées reliques rendent la santé aux infirmes dans le cloître du Lieu- Croissant ( 1 4 octobre 1 253). “ 4 En même temps, Bertholde de Ferrette autorisa les religieux de cette abbaye de fonder une chapelle dans le village de Soultz en Alsace, dans le diocèse de Bàle (1253). * L’évêque de Bàle en fit lui-même la consécration solennelle le 19 juillet 1254, le dimanche avant la fête de S. Jacques. 11 la dédia à la Ste Vierge, aux saints Martin, Nicolas, Malachie, Eymund, Cosme et Damien, Protus et Hyacinthe, Maurice et ses compagnons et à plusieurs autres saints. En même temps, il accorda une indulgence de quarante jours pour l’anniversaire de la dédicace et pour les bienfaiteurs de la chapelle, ajoutant aux revenus de ce sanctuaire la dîme de la terre appelée Owe qu’il lui donne pour le soulagement de tous ses prédécesseurs el de ses successeurs. Le frère de l’évêque, Ulrich de Ferrette, le curé de Soultz, Bertholde, et les sires de Horenburch, patrons de l’église,

1 CartuL de Lucelle, p. 190. = 2 Epi t. fast. Lucell., p. 147. = 3 Ibid., p. 147.= 4 Trouillat, t. I.

p. 574. = 5 Ibid., p. 596.

(!H|I|£ELM| SUISIC.

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