CHAPITRE XV
Sous le règne et avec l’assentiment de Bertholde de Ferrette, les tailleurs et les jardiniers de Bâle furent constitués en tribu ou compagnie, comme les boulangers ( 1260). Leurs statuts diffèrent peu de ceux que nous avons signalés précédemment. 1
L’évêque de Bâle fut aussi appelé à régulariser le service de l’hôpital de Colmar. Il avait dû se rendre dans cette ville pour prendre des mesures contre les perturbateurs de l’ordre public. Durant son séjour, on le pria de faire la consécration de la chapelle de l’hôpital des pauvres. L’évêque différa quelque temps cette cérémonie, jusqu’à ce que les droits de l’église paroissiale fussent convenablement sauvegardés. Enfin le 12 juin 1256, il consacra la chapelle et promulgua plusieurs ordonnances qui la concernaient . L’édifice sacré ne pouvait être agrandi ; on ne pouvait y dire la messe qu’entre la première et la solennelle célébrées dans l'église paroissiale. Hors le jour de la dédicace, on ne devait pas sonner la cloche de la chapelle pour la messe ou les autres heures canoniales. Le chapelain de l’hôpital devait être choisi sur l’avis du doyen qui a la charge de toute la paroisse; il devait assister aux offices paroissiaux, autant que sa charge le lui permettait. Les frères et les sœurs de l’hôpital devaient être présentés au doyen. L’hôpital devait donner chaque année à titre d’offrande paroissiale, quatre livres de Bâle, sur lesquelles le custode prélèverait dix sols pour le luminaire de l’église; le reste des quatre livres devait être employé à l'usage du chapitre. Le doyen avec deux honorables citoyens de Colmar devait assister chaque année à la reddition des comptes de l’hôpital sans aucune rétribution. 2
Vers les dernières années de son épiscopat, Bertholde de Ferrette dut se choisir un coadjuteur. La vieillesse, peut être aussi quelques infirmités, obligèrent l’évêque à se décharger sur le prévôt de la cathédrale, Henri de Neuchâtel, du fardeau qui dépassait ses forces. La mort le mit bientôt au lieu du repos, de la lumière et de la paix. Bertholde de Ferrette était à Altkirch, non loin du château de ses ancêtres, lorsqu'il fut atteint par un mal sans remède. L'abbé de Lucelle, Werner 11 qui vénérait en lui un insigne bienfaiteur de son monastère, l’assista à ses derniers moments et reçut son dernier soupir, le 1 0 décembre 1262. 3 Bertholde de Ferrette fut enseveli à la cathédrale de Bâle devant l'autel de S. Gall. Son anniversaire se célébrait chaque année le 1 0 décembre ; le chapelain de la chapelle de Sainte -Catherine fondée et dotée par lui devait donner ce jour là à chaque chanoine présent un sol; aux prêtres du chœur, aux prêtres de l’hôpital et au sousscolastique vingt sols, à chaque lecteur huit deniers, aux sacristains et àl’ excitateur un sol; il devait en outre fournir deux chandelles de deux livres de cire. 4
Bertholde de Ferrette avait régné treize ans. Son administration accuse les qualités sérieuses et les vertus épiscopales à un degré éminent. L’écu des nobles de Ferrette portait de gueules à deux bars adossés d'or.
1 Ochs, Gesehiehte lier Stadt und Landsch. Basel. t. I. p. 350, 351. = 2 Trouillat. t. I. p. 640. =
3 Epil. fast. Lucell., p. 183. = 4 Liber vitæ eecl. eathed. ad 1262. ,,1111 idus Decembris anno D. MGGLXII
obiit Berc.htoldus de Fevreto, episcopns hujus ecelesie.“
os e G aaao-
Neuchâtel-sur-le-lac, au dernier siècle.