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CHAPITRE XV

L’incendie du couvent des pénitentes de Bâle par le comte de Habsbourg et ses complices fut bientôt suivi d’un désastre plus terrible. En 1258, le 10 novembre, rapporte l’annaliste des dominicains de Colmar, un incendie détruisit une grande partie de la ville de Bâle et dévasta la cathédrale. 1 On ignore la cause de ce déplorable sinistre. La ville était alors en proie à de graves divisions: deux partis se partageaient la noblesse, l’un portait un perroquet vert dans un drapeau blanc, l’autre une étoile blanche dans un étendard rouge. Les chefs du parti du perroquet ou des Psittaci étaient les Schaller ; ceux des Stellifères, les Münch. Sous Y étoile blanche étaient les nobles d’Eptingen, Reichen, Ramstein, Ufheim, Zerhein, Ferrette, Fribourg, Habsbourg, etc. Sous les ailes du perroquet, on comptait les Rotberg, Bærenfels, Kamerer, Yorgassen, Hochberg, Rotheln, Neuchâtel, Nidau, Grandson, Falkenstein, etc. 2 L'incendie de Bâle peut être attribué

Schenckenvon. Bafeft. Zerhein.

de Ram Item.

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von Berenfeîf.

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Frei :von Jalcken&ein. . von Rotberg •

Miîach.

Die S choler ou: Schaller.

tiarfdialdtovonBafell.

Armoiries des Psittaci et des Stellifères.

aux luttes et aux querelles continuelles de ces deux partis où la force et l’audace étaient de chaque côté.

Pendant que la noblesse se faisait la guerre, les corps de métiers s’organisaient à Bâle. Nous avons déjà vu sous le règne de Lutold d’Arbourg, les bouchers, les charpentiers et d’autres s’ériger en corporations ; les boulangers qui avaient depuis longtemps leurs droits et leurs coutumes, en firent dresser par écrit un acte solennel qui fut approuvé par l’évêque de Bâle le 30 janvier 1256. Toute contestation entre les boulangers devait être jugée par le maître de la société; si le débat ne pouvait être terminé par lui, l’affaire était portée au lieutenant de l’évêque (vicedominum) et enfin à l’évêque. Trois fois la semaine, le maître des boulangers devait visiter le marché au pain; si un pain lui paraissait suspect, il devait le porter chez lui et en présence de trois boulangers

— Bnsilea sacra, p. 235. = 2 Gbron. Alb. Argent. —

1 Ann. Dom. Colm., p. 21.

p. 93. — P. Voisard, p. 124.

Trouillat, t. II.

LES PSITTAGI ET LES STELLIFÈRES A BALE

honorables, juger si le pain méritait une amende. Le boulanger en faute devait deux sols au lieutenant de l’évêque, un au maître et deux à la société. Si le boulanger se refuse à subir cette amende, le maître doit rompre tous ses pains par le milieu en plein marché. Si le boulanger persiste à vendre des pains de cette espèce, il est passible d’une amende de trois livres payable au lieutenant. A la fête de S. André, le maître des boulangers devait au lieutenant de l’évêque, un porc de vingt-quatre sols ou l’argent. Chaque boulanger, vendant au marché, devait treize deniers les lundis après la S. André, les Rameaux, l’Invention de Ste Croix et la St® Marguerite: douze deniers revenaient au lieutenant, un au maître de la compagnie : le premier donnait deux quartauts de vin et le dernier un aux boulangers quand on leur donnait avis de payer leur redevance. Le

La vieille ville de Colmar.

La ville de Colmar au XVIIe siècle, d’après ,,1’Alsatia Illustrata“.

maître devait en outre deux sols au lieutenant, la veille de Pâques, pour son agneau pascal. Avant de mettre le feu à un nouveau four, le boulanger devait cinq sols au lieutenant. Quand un apprenti demandait un four, le maître avec d’autres boulangers, faisait par trois fois, une enquête sur sa foi et ses mœurs ; s’il n’avait pas bonne renommée, on lui refusait le four ; si on rendait de lui bon témoignage, il donnait vingt sols pour le luminaire de la St® Vierge, dix sols à la compagnie des boulangers, cinq sols au lieutenant, deux sols au maître, un sol au bedeau, et il était admis dans la société. Un boulanger ne pouvait exposer en vente au marché un pain de deux deniers ou de trois oboles, sans la permission expresse du lieutenant et du maître, sous peine de trois livres d’amende. Un boulanger, convaincu d’avoir mis dans son pain des fèves ou l’herbe appelée liopho ou d’autre matière défendue, était puni de trois livres d’amende et expulsé sans rémission de la compagnie des boulangers. 1

Ochs, Gesch. der Stadt und Landsch. Basel, 1. 1. p. 340.

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