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CHAPITRE XVI

Henri de Neuchâtel était chanoine de la cathédrale de Bâle en 1236, 1 prévôt de ce chapitre en 1238, 2 archidiacre en 1242, 3 archiprêtre en 1248, 4 prévôt de Soleure en 1251, 5 prévôt de Moutier en 1256. 6 Les goûts belliqueux du prévôt se manifestent déjà en 1261, car il figure à cette époque comme allié du comte Rodolphe de Habsbourg, de son oncle Godefroi de Habsbourg, de Conrad de Fribourg et des citoyens de Strasbourg, contre l’évêque de cette dernière ville, Walther de Geroldseck, contre son père et sa famille, et contre qui que ce soit. Les alliés se promettent un secours mutuel, dans la contrée comprise entre Bâle, la forêt de Haguenau et les Vosges (20 février 1261). 7 La même alliance fut conclue quelques mois après entre Bâle et Strasbourg contre la famille de Geroldseck.8 Les hostilités contre l’évêque de Strasbourg furent suspendues le 17 avril 1262 par une trêve qui devait durer depuis la mi-carême jusqu’au quinzième jour après Pâques. Le prélat cpii avait dû jeter l’interdit sur les Strasbourgeois révoltés contre lui, leva cet interdit durant cette trêve (17 avril 1262). 9

Durant ce temps, Henri de Neuchâtel était devenu coadjuteur de l’évêque Bertholde de Ferrette, qui avait besoin d’un bras vigoureux pour l’administration de son diocèse. Son premier soin fut de réclamer du roi des Romains, Pnchard de Cornouaille, qui était alors en passage à Schlestadt, la reconnaissance solennelle des droits de l’Éghse de Bâle sur Brisach et sur la vallée de Munster en Alsace. Le roi ou plutôt l’empereur qui avait été élu à Francfort par quelques seigneurs le 13 janvier 1257 et couronné à Aix-la-Chapelle le jour de T Ascension, saisit avec empressement l’occasion de s’assurer des partisans puissants et de grande race. Il fit du coadjuteur de Bâle son chapelain impérial en reconnaissance de son dévouement à sa personne, il renonça par un acte public à tous les droits que l’empereur pourrait avoir sur Brisach et la vallée de Munster, promettant en outre de maintenir tous les droits et bonnes coutumes de la ville de Bâle. Le monarque était entouré à Schlestadt des comtes Rodolphe et Godefroi de Habsbourg, de Conrad de Fribourg, et d’autres seigneurs. L’archevêque de Mayence, Werner, archichancelier de l’empire, remplissait ses fonctions dans cette circonstance solennelle (5 novembre 1262). 10

Un mois après cette reconnaissance des droits de l’évêque de Bâle sur cette partie de l’Alsace, le coadjuteur se trouva appelé à succéder à Bertholde de Ferrette. Les fonctions qu'il remplissait auprès du prélat défunt, le désignaient tout naturellement au choix des électeurs. Aussi fut-il nommé sans difficulté évêque de Bâle, quoiqu'il fût peu lettré, dit la chronique d’Albert de Strasbourg (décembre 1262). 11

Au 30 juin 1263, Henri de Neuchâtel n’avait pas encore reçu la consécration épiscopale, car dans un acte portant cette date, il s’appelle „ Henri par la grâce de Dieu élu évêque de Bâle“ : c’est en faveur des hospitaliers de Saint- Jean de Jérusalem à Lutgern (canton d’Argovie) qu’il fait dresser le premier acte public de son épiscopat qui nous ait été conservé. Il donne en emphythéose à ces hospitaliers la dîme qui appartenait à l’évêché près de Lutgern. 12

1 „ Henricus de Nuwenburg“, Ochs, p. 308. = 2 Urstisii codex dipl.. p. 66. = 3 Gartulaire de

Bellelay, p. 64. = 4 Trouillat, 1. 1. p. 580. = 5 Matile. Monuments de l’histoire de Neuchâtel, 1. 1. p. 112.=

0 Trouillat, t. 1. p. 637. = 7 Schœpflin, Als. dipl., 1. 1. p. 432. = 8 Weneker, apparatus archivorum,

p. 170. = 9 Ibid., p. 171. = 10 Codex dipl. eccl. Basil., fol. 40. = 11 Cliron. Alb. Argentin. „ Quasi sine

electione, sed solo capituli consensu. episcopatum tenuit. quamvis quasi illiteratus. “ = 12 Hergott. geneal.

dipl. Habsb., t. II. p. 380.

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