HENRI DE NEUCHATEL, ÉVÊQUE DE BALE
Le 9 février de l’année suivante (1264) Henri de Neuchâtel n’est encore qu 'évêque élu — „Dei gratta eleetus “ . A cette date il donne avec le chapitre de Bâle, l’église de Roggenhourg et ses rentes au couvent de Saint-Léonard. 1 En mars de la même année, il ajoute à cette donation le couvent du Petil-Lucelle; 2 l’acte l’appelle encore eleetus Basiliensis. Il est vrai que l’élu de Bâle était alors occupé à résister à l’envahissement des propriétés de l’évêché par le remuant comte de Habsbourg. „ Après la mort de l’empereur Frédéric (13 décembre 1250), raconte la chronique de Colmar, chaque seigneur mit la main sur ce qu’il put démembrer des biens de l'empire. Le comte Rodolphe de Habsbourg se saisit de Brisach et le garda pendant quelque temps en son pouvoir. Mais le vénérable seigneur Henri, évêque de Bâle, représenta au comte Rodolphe que Rrisach devait lui appartenir, puisqu’il le possédait par droit héréditaire. Rodolplié répondit
Le château de Habsbourg dans son état actuel (canton d’Argovie).
que s’il voulait lui payer mille marcs d’argent pour sa part dans ses droits sur Brisach, il s’engagerait à lui remettre le château et la ville. L’évêque lui compta 900 marcs et obtint Brisach qu’il garda en sa possession jusqu’à l’élection de Rodolphe, comme roi des Romains.
.,Le comte Rodolphe s’étant mis, pendant cet intervalle, à molester injustement l'évêque de Bâle, celui-ci appela le comte auprès de lui et lui dit: „Mon cousin, cesse de me tourmenter, et en retour, je te donnerai de bonne volonté, cent marcs d’argent." Le comte s’abstint de toute vexation pendant cette année lâ. Mais l’année suivante, le comte recommença ses persécutions contre l’évêque : celui-ci lui donna de nouveau cent marcs pour s’assurer sa tranquillité; le comte, en effet.
1 Cartulaire de Saint-Léonard, fol. fia. — 2 Fondé près de Lucelle, en 1 138 par Oudelard, comte de Soyhières, pour des cisterciennes, le couvent de kleinen-.Liitzel, molesté par le lils de son fondateur, fut transféré à Schônen-Steinbach et les religieuses embrassèrent d’abord la règle de S. Augustin, puis celle de S. Dominique. Un comte de Tbierstein, Conrad, fit du Petit-Lucelle une prévôté de chanoines réguliers de S. Augustin qu’il tira de Marbach. L’évêque Henri de Neuchâtel l’annexa à Saint-Léonard. En 14Sfi,
l’évêque Gaspard ze Rhein y plaça des Augustines de Fischbach, qui disparurent à la guerre de 1499. Saint-Léonard céda Petit Lucelle au Grand Lucelle en 1505. Epitome fast. Lucell., p. 143.