‹ Histoire des Évêques de BaleChapitre 204 sur 496 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

dans le Seigneur, d’entourer de votre affection paternelle, ces pauvres petites sœurs (pauperculas), plantation nouvelle de votre ordre (novella ordinis vestri plantatio): nous croyons en cela faire acte agréable à Dieu et témoigner à votre ordre la révérence qui lui est due/' 1 Les cisterciennes de Michelfeld se transportèrent à Blotzheim où leur monastère prospéra durant deux siècles : leur église, favorisée par de nombreux miracles opérés par la très sainte Vierge, fut l’objet d’un pèlerinage que l’évêque Jean de Munsingen enrichit d’indulgences en 1349. Mais à l’époque du concile de Bâle, la guerre étendit ses ravages sur ces contrées. Le couvent de Blotzheim fut incendié, ruiné ; après la mort des pauvres religieuses, sur l’ordre de l’empereur Frédéric III, le chapitre général deCîteaux réunit en 1450 à Lucelle ce monastère avec tous ces revenus, y compris l’église de Ferrette. 2

L’abbaye de Bellelay reçut aussi des preuves remarquables de la générosité de l’évêque Henri de Neuchâtel, qui lui donna le quart des dîmes que l’Église de Bàle percevait à Tavannes, Reconvilier et Loveresse. „ Comme nos prédécesseurs, écrit le donateur, le 19 novembre 1267, par grâce spéciale, et depuis longtemps, ont pris soin de favoriser le monastère de Bellelay, de l’ordre de Prémontré, nous avons voulu suivre leurs traces, ayant. égard surtout à l’extrême pauvreté des religieux qui y servent Dieu, et que la modicité de leurs ressources ne permet pas de vivre à l’aise et aussi pour le soulagement des âmes de nos prédécesseurs, pour notre bien spirituel et pour l’accroissement du culte divin dans ce monastère. “ 3

Tous ces actes témoignent en faveur du zèle pastoral de l'évêque Henri de Neuchâtel. Nous le trouvons encore en 1266, encourageant l’érection d’une fontaine près de la cathédrale. „ Comme la conduite d’une fontaine, écrit-il à son chapitre, au-dessus du château près de notre église-majeure, nous paraît utile et même très nécessaire non seulement pour nous et pour les autres honorables personnes qui demeurent dans ce quartier, mais aussi pour le service de l’eau pure â l’usage des offices divins de cette église, et que les ressources manquent pour couvrir les dépenses nécessitées par ce travail, nos très chers fils en Jésus- Christ, les doyens et chapitre, voulant mener â bonne fin un ouvrage si pieux et si honorable, ont appliqué à cette dépense, tous les revenus de deux années appartenant à la mense capitulaire, valant vingt marcs d'argent. “ L’évêque confirme et ratifie cette donation le 6 novembre 1266. 4

C’était l’époque de la prédication de la croisade par l’ancien prieur des dominicains de Bâle, le frère Achille, dit d’Altschwiller. Il était devenu illustre dans son ordre et il avait été nommé prédicateur général de la croisade d’outre-mer. En 1266, il prêcha en Alsace et sur les bords du Rhin, probablement aussi à Bâle. Les annales des dominicains de Colmar qui consignent ce fait constatent que dans le carême de 1267, plus de 500 alsaciens partirent pour le pays d’outre-mer. 5

Henri de Neuchâtel avait alors maille à partir avec son redoutable vassal, le comte de Habsbourg. Nous avons déjà signalé les démêlés antérieurs de ces deux nobles antagonistes. Le comte n’avait pas mis bas les armes et il continuait à ravager quelque partie du territoire de l’évêché. En 1268, l’évêque, à titre de

1 Cartulaire de Lucelle, N“ 1. p. 19:2. = 2 Epit. fast. Lucell., p. 147. — Gartulaire de Lucelle, p. 192. =

2 Trouill., t. IL p. 177. Cette donation fut confirmée par l’évêque de Bàle, Pierre Reich, le 21 août 1286.=

4 Ibid., t. II. p. 167. — 5 Annales præd. Colin., p. 27.

Page 1