FRERE ACHILLE D’ALTSCHWILLER PRECHE LA CROISADE
à exécution le décret apostolique, toutefois après le décès ou la retraite du recteur de Saint-Léger et avec le consentement de l’évêque et du chapitre de Bâle (13 mars 1261). Le prévôt de Colmar avait notifié cette faveur au couvent de Munster (14 mai 1261). Mais le curé de Saint-Léger ne mourut qu’en 1265: aussitôt Henri de Neuchâtel, avec l’agrément du chapitre, autorisa l’abbaye à s’approprier l'église de S. Léger, moyennant pourvoir à l’entretien d’un prêtre capable de desservir cette paroisse (17 novembre 1265). Le lendemain de cette concession, le prévôt de Colmar la notifia par acte public à l’abbé et au couvent de Munster. 1
Nous trouvons encore Henri de Neuchâtel accordant une indulgence de quarante jours â ceux qui visiteraient l’église des frères de l’ordre des ermites de S. Guillaume, hors des murs de la ville de Fribourg (en Brisgau), le jour anniversaire de la dédicace de leur église. Le vénérable prélat accorde cette grâce, â cause de l’affection qu’il porte à ces religieux très dévoués au service de Dieu (22 mai 1266). 2
Le couvent de cisterciennes, près de Bâle, connu sous le nom de Michelfeld, était alors dans la plus fâcheuse position. Il avait été bâti et doté par l’évêque Bertholde de Ferrette vers 1253, mais on n’avait pas tardé à s’apercevoir que le terrain sur lequel il s’élevait, était marécageux à cause du voisinage du Rhin; des brouillards épais, des exhalaisons malsaines, un air empoisonné avaient causé parmi les sœurs de graves maladies et un état de malaise qui leur rendait le séjour de Michelfeld insupportable. L’évêque Henri de Neuchâtel, ayant constaté ces choses, mû de pitié â la vue des misères de ces religieuses qui menaient une vie sainte et édifiante, leur accorda, de concert avec son chapitre, un fond de terre sis à Blotzheim, en Alsace, qui appartenait à l’évêché de Bâle et qu’il soumit entièrement à la juridiction de l’abbé de Giteaux. „Nous devons, dit l’évêque dans sa lettre de donation, du 18 juin 1267, la sollicitude de notre charge pastorale à tous les fidèles, mais nous avons une compassion particulière et plus grande pour les personnes religieuses éprouvées par le malheur . . .“ La donation faite, le charitable prélat ajoute, parlant de l’abbé de Giteaux: „Nous vous avertissons
Lünig, Continuatio spicilegii eccles., 1. 1. p. 1104. = 2 Gerbert, Codex dipl. hist. Silvæ Nigræ, p. 180.