‹ Histoire des Évêques de BaleChapitre 208 sur 496 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

plus de valeur qu Aujourd'hui. Henri de Neuchâtel avait, on le voit, des ressources considérables dont il usait pour le bien de son évêché. En face de ses rivaux et de ses ennemis, il se sentait le besoin de se ménager des places fortes et des vassaux puissants. Après l’achat important que nous venons de signaler, il remit tous ces domaines à titre de fief de l'Église de Bàle, au noble vendeur, le comte de Ferrette qui lui prêta serment de fidélité. L’acte de vente dressé à Bàle le 15 janvier 1271, eut pour témoins à côté des chanoines de la cathédrale, les deux comtes de Habsbourg Godefroi et Eberhard, et un grand nombre d’autres seigneurs de l’évêché. 1

D’autres acquisitions moins importantes furent faites dans le même temps. Une part de maison à Landser appartenant à Jean et Henri de Butenheim, devint pour deux cents marcs d’argent la propriété de l’évêque et de l’Église de Bàle qui la remirent en fief à son ancien propriétaire, le 21 juillet 1269. 2 Un échange fait le 1 7 août de l’année suivante, mit l’évêque de Bàle en possession de plusieurs propriétés sises à Riebeim, Holstein, Zelingen et Wilde, qui lui furent cédées par Thierry Schnewlin de Fribourg en Brisgau, contre d’autres biens appartenant à Henri de Neuchâtel, à Kirchofen, Bischoffingen et Umkirch. L’évêque paya en outre cent vingt-huit marcs d’argent, 8

Les ressources du belliqueux prélat semblent inépuisables. Vers le même temps, il remboursa une dette considérable faite par son prédécesseur Bertholde de Ferrette. Le seigneur de Geroldseck, Walther, créancier de l’évêché, renonça à toutes ses prétentions sur le château de Schwarzenberg, sur la vallée de Munster et se déclara remboursé de l'argent prêté à l’évêque Bertholde, moyennant six cents marcs d’argent payables en six annuités par les soins d’Henri de Neuchâtel, qui s’engageait à se rendre en otage à Brisach après un premier avertissement, si cet argent n’était pas payé au temps marqué. En outre, le dit seigneur céda à son cousin, l’évêque de Bàle, pour deux cent cinquante marcs d’argent, deux domaines sis à Missenheirn qu’il reçut aussitôt en fief de l'Église de Bâle (19 avril 1271). 4

C’est à cette même année que Wurstisen dans sa chronique de Bàle. place l’achat de la ville de Porrentruy fait par l’évêque Henri de Neuchâtel pour deux cent soixante marcs d’argent. Le vendeur cité par Wurstisen aurait été Godefroi, comte de Neuchâtel en Bourgogne. Or, on ne trouve point de personnage de ce nom dans la famille de Neuchâtel en Bourgogne. • Notre historien national, M. Trouillat, croit que ce Godefroi n’était autre que le cousin de l’évêque de Bàle, le comte Godefroi de Habsbourg qui lui avait vendu en 1269 pour la même somme le château de Biederthal. Il avait des droits à Porrentruy sur la ville ou sur le château qu’il aura cédés à Henri de Neuchâtel. Mort la même année (1271), le noble vendeur n’était plus capable d’intervenir dans les débats qui surgirent plus tard à l’occasion de Porrentruy, débats auxquels les comtes de Neuchâtel en Bourgogne restent aussi complètement étrangers. Quoiqu’il en soit, l’évêque Henri de Neuchâtel par cet achat fut maître de Porrentruy dès 1271 . 1

Les annales des dominicains de Colmar signalent encore en 127 1 l’acquisition du château de Tieffenstein, dans les environs de Bàle (district de Waldshut), faite

1 Codex dipl. eccl. Basil, fol. 70b. = 2 Livre des fiefs nobles, fol. 60. = 3 Codex dipl. eccl. Basil,

fol. 87a. = 4 Trouillat, t. II. p. 208. = 5 Wurstisen. Basler Chronik, p. 55 et 131. — Trouillat, t. II.

p. 195, note.

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