‹ Histoire des Évêques de BaleChapitre 210 sur 496 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

et les comtes Ulrich et Theobald de Ferrette, qui se promettaient main forte durant dix ans contre les ennemis de l'évêché. 1 A Bâle même, les partisans du comte Rodolphe, les stellifères furent expulsés de la ville par les psittaci qui soutenaient l’évêque. L’annaliste contemporain de Colmar note à l’année 1271 que ces chevaliers stellifères chassés de Bàle, erraient çà et là. 2

Ces débats entre nobles n’empêchèrent pas les charpentiers de la ville de s’organiser en corps de métier et de compléter leur règlement qui fut approuvé par l’évêque de Bàle, le 13 décembre 1271. 3 Les tisserands en avaient fait autant en 1268 (23 août).4

La guerre entre le comte B.odolphe de Habsbourg et l’évêque de Bàle se poursuivit pendant toute l’année 1272. Le puissant comte assiégea le château de Tieffenstein qui était depuis quelques mois seulement entre les mains d’Henri de Neuchâtel. Maître de ce castel, Rodolphe de Habsbourg le détruisit de fond en comble. 5 Pour réparer ce désastre, l’évêque de Bàle se hâta de rebâtir le château de Wehr, entre RFeinfelden et Seckingen. Vers la fin de juillet, le comte arriva avec une puissante armée aux environs de Fribourg ; il dévasta les moissons et greva rudement les habitants. Il voulut molester Neuenbourg (en Brisgau), mais la ville avait fait alliance le 22 mars de cette année avec Henri de Neuchâtel jusqu’à l’élection de l’empereur et lui avait assuré une rente annuelle de quarante-deux marcs poulies chésaux et pour l’office de prévôt civil. 6 L’évêque de Bâle se porta aussitôt au secours de ses alliés et força le comte d’abandonner son entreprise. Plusieurs jours après, continue le chroniqueur de Colmar, le seigneur évêque de Bàle, passant le Rhin, dévasta plusieurs villages du comte Rodolphe, en incendia d’autres, et détruisit entièrement le cimetière de Rixheim (près de Mulhouse). Le comte Rodolphe, ayant rassemblé une armée, vint dans les environs de Bâle, y incendia un village et conduisit le butin à Seckingen. Les Bàlois, s’étant mis à sa poursuite, ne purent ou n’osèrent lui nuire: c’est l’affirmation du dominicain de Colmar.

Le jour de l’octave de S. Laurent (17 août 1272), le feu se déclara dans une maison de Seckingen et toute la ville, à l’exception de l’église de S. Pierre, et de quatre maisons voisines fut réduite en cendres. Le même jour, l’évêque de Bàle arriva avec ses gens, fit abattre les maisons de pierre et les murs de la ville et enleva tout ce qu’il y trouva. 7

„On croit, dit le chroniqueur de Colmar, que ce désastre fut provoqué par les péchés des habitants de ce lieu. Jusqu'à ce jour, en effet, S. Fridolin avait protégé cette localité et empêché qu’aucun seigneur ne lui causât des dommages considérables. Mais les habitants de Seckingen, ayant perdu confiance en leur patron S. Fridolin, détruisirent le pont de pierre que ce saint avait construit, reçurent dans leurs murs le butin ravi sur les pauvres gens, et se livrèrent sans retenue à la luxure et à la débauche. C’est pour s’être rendus coupables de ces péchés et d’autres semblables qu’ils périrent. Deux années avant la destruction de ce lieu, S. Fridolin avait déjà manifesté à diverses reprises, son indignation par le bruit qu’il faisait dans la châsse où reposent ses reliques. La dame de Gliers, de naissance noble, gardienne de l'église, et qui donnait habituellement l’hospitalité aux frères mineurs ou prêcheurs, et aux autres pauvres, disait aussi que S. Fridolin

1 Catalogue île l’ancien évêché de Bâle, N° 391. fol. 342 et, 340. = 2 Ibid., p. 33. = 3 Ochs,

Geschichte der Stadt Basel. t. I. p. 403. = 4 Codex dipl. ecel. Basil., fol. 96b. = 5 Ann. Colm., p. 34. =

0 Trouillat. t. II. p. 225. = 7 Annales et chronique des dominicains de Colmar, p. 37 et 257.

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