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SIÈGE DE BALE PAR RODOLPHE DE HABSBOURG

était souvent apparu, pendant leur sommeil, à ses chanoinesses et leur avait manifesté son courroux. Le frère hospitalier, custode de l’église de S. Fridolin, où il couchait toujours pour la garder, affirma aussi avoir souvent entendu la même chose, depuis deux ans. „ Après l’incendie de Seckingen, continue le chroniqueur de Colmar, la vénérable dame abbesse, de la famille des comtes de Ferrette, revint dans son monastère et retrouva les reliques de S. Fridolin. Elle tint conseil avec ses chanoinesses sur ce qu'on devait faire des reliques de leur patron S. Fridolin. Les chanoinesses dirent : Si nous transportons ces reliques dans un lieu connu, comme à Bâle, l’évêque et les chanoines les retiendront de force. Si nous les confions à la garde des frères mineurs ou des prêcheurs ou d’autres religieux, l’évêque les leur enlèvera également par la violence. Tout bien considéré, elles dirent: Donnons les reliques de S. Fridolin à quelqu’un des seigneurs nos voisins afin qu’il soit aussi attaché à notre couvent par quelque lien de fidélité. Elles les remirent donc au comte de Habsbourg, qui les plaça dans un appartement convenable, où il entretint des lumières pendant la nuit. Après quelque temps, le saint manifesta son mécontentement à cette famille par des coups répétés. L’abbesse, en étant informée, transféra les reliques au couvent de Lauffenberg. Le même bruit se fit bientôt entendre. Alors les chanoinesses rentrèrent avec les reliques dans leur monastère de Seckingen. “ 1

A titre de représailles, le comte de Habsbourg incendia pendant la nuit du 24 au 25 août le faubourg de Bàle près de la porte de la Croix (aujourd’hui le faubourg Saint-Jean). Plus tard, il fit le siège du château de Wehr que l’évêque Henri de Neuchâtel avait rebâti, l’année précédente; „la veille de Saint-Silvestre (30 décembre), dit l’annaliste de Colmar, un paysan qui portait le nom de Loup et qui l’était de fait, livra le château au comte Rndolphe; le seigneur de Rôtheln, clerc, fils de la sœur de l’évêque de Bâle et beaucoup d’autres, y furent faits prisonniers." 2 Aussitôt Henri de Neuchâtel bâtit un château à Biesheim, sur le Rhin (canton de Neuf-Brisach).

„Dans le même temps, raconte la chronique de Colmar, le comte Rodolphe méditait encore d’attaquer l’évêque de Bâle. Mais ne pouvant franchir le Rhin, il fit construire des bateaux qu’on pouvait transporter par chars; par ce moyen, il traversait le Rhin quand il voulait, et tombant à l’improviste sur les gens de l’évêque, il leur faisait souvent beaucoup de mal; puis repassant le Rhin avec ses bateaux, il les chargeait sur ses chars et les mettait en lieu de sûreté. Cependant le comte Rodolphe, s’apercevant qu'il ne parvenait point à réduire l’évêque de Bâle par la force ouverte, corrompit secrètement par ses dons et ses promesses les hommes et les bourgeois de l’évêque. Les hommes d’armes de l’évêque pactisèrent en secret avec le comte et se détachèrent du parti de l’évêque. Celui-ci ayant pénétré ces dispositions, n’osa point attaquer le comte avec ses troupes. Le comte Rodolphe qui était informé de tout, put dès lors porter ses entreprises avec sûreté partout où il voulut.

„Une fois, poursuit le chroniqueur, que le comte Rodolphe traversait la ville de Bàle, le bourgmestre Marschalk rassembla à la hâte les bourgeois et les lança à la poursuite de Rodolphe. Marschalk se mi t avec peu de monde, sur les traces du comte qui fuyait. Quand il arriva près de l’ennemi, il était presque seul; il fut pris et tué.

Annales et chronique des dom. de Colmar, p. 258. = 2 Ann. præd. Colm., p. 38.

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