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CHAPITRE XVII

citoyens, un grand nombre de femmes, la reine et beaucoup de dames de distinction, assistèrent à ses funérailles. Le cercueil était exposé sous un baldaquin précieux qui fut laissé à l’église. 1

La ville de Bàle venait de recevoir dans ses murs une colonie d’augustins de Mulhouse qui y avaient établi un couvent de leur ordre sur la paroisse de Saint-Martin. 2 Plusieurs évêques suffragants ou auxiliaires de Bâle sortirent de ce monastère qui, à sa suppression, lors de la Réforme, devint le collège de Bâle.

La croisade, ordonnée par le concile de Lyon, eut encore à Bâle son prédicateur, le 7 juin de cette même année. Le frère Eberhard, de l'ordre des dominicains, prêcha avec tant de succès qu’un grand nombre d’hommes reçurent de ses mains la croix glorieuse du Seigneur pour aller au-delà des mers. 3

Vers le même temps, les frères mineurs tinrent à Bâle leur chapitre général; la reine, Anne de Hohenberg, contribua aux frais de cette assemblée par un don de dix marcs. 4 On se plaignait à cette époque des chanoines de Saint-Léonard qui s’écartaient de la discipline et de la règle de S. Augustin. Henri d'Isny fit une visite exacte de la maison; puis il envoya un des chanoines en pénitence au couvent d’Interlaken, un autre à Pairis, en Alsace, un troisième à Bellelay, et un quatrième à Strasbourg, au couvent des chanoines réguliers de S. Arbogaste. Il changea le titre du prévôt en celui de prieur et lui adjoignit un administrateur, sans le concours et la permission duquel, il lui défendit de prendre aucune mesure touchant les affaires du monastère. 5

Henri d’Isny fit aussi dans le même temps arrêter et emprisonner l’hospitalier d'un monastère de Seckingen parce qu'il molestait depuis longtemps les pauvres par ses exactions. 6 L’évêque de Bàle voulait et maintenait le droit et la justice. Bçllelay se prétendait exempt de la juridiction de l’évêque pour la nomination de son abbé. Henri d'Isny fit examiner l’affaire par les dignitaires de sa cathédrale qui reconnurent par un acte authentique du 29 décembre 1276, le bien fondé des réclamations de l'abbaye. 7

Le chapitre avait aussi des prétentions qu’il fit valoir auprès de l’évêque; le prévôt et le doyen de la cathédrale revendiquaient pour eux le droit de juridiction ordinaire dans le diocèse de Bâle, en alléguant l’ancienne coutume. L'évêque maintint son droit imprescriptible de juridiction et par grâce, alloua au prévôt et au doyen le quart des émoluments provenant de l'exercice de ce droit, les autres parts restant à l’évêque et aux notaires (14 février 1277). 8

L’impératrice était alors à Bàle où elle édifiait toute la population par la sainteté de sa vie. Durant le carême de 1277, elle passa plusieurs jours dans le couvent de Clingenthal avec six dames de sa cour, livrée aux exercices de la prière et de la pénitence. Après Pâques, elle partit de Rheinfelden, se rendit à Constance et de là en Bavière. Vers l’ascension l’évêque de Bàle la suivit avec soixante-dix chevaux. 9 Ce fut vers la fin de cette même année que les dominicains de Bâle fondèrent le couvent de leur ordre à Colmar. Le chapitre de cette ville leur céda une maison dans laquelle la colonie religieuse de Bàle entra le 28 octobre 1278. La ville et le clergé lui firent le meilleur accueil. La même année, la communauté acheta pour plus de cinq cents marcs l’emplacement sur lequel le couvent s’éleva.

1 Annales et chroniques des dominicains de Colmar, p. 51 et 267. = 2 Urstisius, epit. hist. Basil.,

p. 226. = 3 Ann. præd. Colm.. p. 55. — 4 Ibid., p. 56. = 5 Ibid., p. 58. = 6 Ibid., p. 51. = 7 Trouillat,

t. II. p. 275. = 8 Ch. Urstisii Rhapsodiæ rerum variarum, p. 817. = 9 Ann. Colm., p. 60.

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