ALLIÉ DE L’EMPEREUR CONTRE LE ROI DE BOHÊME
L’évêque de Bâle bénit le cimetière des frères prêcheurs de Colmar et consacra dans leur église l’autel de la Ste Vierge, le mardi après l’octave de la Trinité. Le religieux qui nous a laissé tous ces détails, avait emporté à Colmar les annales commencées à Bàle et qui seront continuées jusqu’en 1 303. Ce précieux document nous a conservé des détails bien intéressants sur l’histoire de l’évêché de Bàle et les événements les plus marquants de cette époque. Nous citerons quelques, faits curieux qui appartiennent au règne de l’évêque Henri d’Isny. „En 1276, Noël tombait sur un vendredi. L’évêque de Bàle mangea ce jour-là de la viande, ainsi que toute sa maison. A ceux qui ne voulurent point en manger, on servit de grands poissons." 1 „La même année après la fête des Rameaux, il apparut au-dessus de la ville de Strasbourg une nuée rouge qui se transforma en croix. L’année précédente, vers Pâques, on avait pareillement vu, près du soleil, deux cercles ayant le couleur de l’arc-enciel, qui s’entrecoupaient et paraissaient former deux croix. Ces signes apparurent pendant les prédications d'un frère mineur qui prêchait en ce temps-là la croisade d’outre-mer. “
A la date de 1277, l’annaliste raconte que „dans les environs de Bàle, on tire des mines de l’argent, du fer et du plomb: on trouve de l'or dans les eaux. — Un saumon de sept pieds de long pris à Bàle, fut vendu pour trente-deux sols; au marché de la ville, il eût valu trois livres. — Dans le château d’Ollwiler près de Soultz, on trouva le crâne d’un grand serpent ; la langue qui est appelée vulgairement Noterzung et qui passe pour avoir la propriété de déceler les poisons, fut donnée au roi Rodolphe, comme un joyau précieux. — Dans les environs du château de Thierstein, on voyait près d’un chemin un arbre magnifique; mais les paysans se gardaient de se reposer à son ombre, parce que beaucoup de gens qui l’avaient fait, en avaient été gravement malades (1276). — Il y eut àBœtzberg un curé qui y exerça son ministère pendant quatre-vingts ans. — Un jeune écolier abandonna la maison de son père, riche paysan, et se réfugia dans le monastère de Moutier-Grandval où il demeura, comme mendiant parmi les pauvres de cette maison. Ceci se passait dans le temps où le curé de Bœtzberg avait pris le chemin de toute chair. Le seigneur de Hohenberg, patron de l'église, conféra la cure à ce jeune homme. Le messager qui vint le lui annoncer le trouva mendiant dans le monastère. Ce prêtre exerça le ministère pendant quarante ans dans l’église de Bœtzberg. Il avait presque entièrement perdu la vue à cause de son grand âge; il avait aussi perdu ses dents, mais il lui
L’abbaye de Murbach.
Annal. Colm.. p. 60.