‹ Histoire des Évêques de BaleChapitre 224 sur 496 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

en était repoussé sept nouvelles. Ses cheveux blancs se colorèrent de nouveau en noir. — La reine (Anne de Hohenberg) s’efforça d’obtenir la licence de pénétrer avec quelques femmes de sa suite dans le dortoir et les cellules des frères prêcheurs de Bàle ; on ne se rendit qu’à grand-peine à ses prières. — La reine fit amener dans le jardin des frères prêcheurs un porc-épic pour leur procurer le spectacle d’une des plus curieuses créatures de Dieu (1276). — Il vint à Bâle un individu, débile de corps, qui descendait sur les pieds et les mains une corde tendue depuis le clocher de la cathédrale jusqu’à la maison du chantre. — Le quatre des nones d’août (2 août 1276) on vit du dortoir des frères prêcheurs un grand nombre de lumières qui couraient et s’entremêlaient comme les soldats dans un combat. — En 1277, les chanoines de S. Pierre de Bàle couvrirent de plantations d’arbres la place qui est située vis-à-vis leur couvent “.

L’année 1278, s’ouvre dans les annales de Colmar par l’expédition de l’évêque Henri d’Isny qui, avec le landvogt d'Alsace, Conrad Wernher de Hattstatt, se porta en Autriche pour joindre ses armes à celles de Rodolphe de Habsbourg. Ottocare, roi de Bohème, après une première défaite avait fait la paix avec l’empereur (11 novembre 1276), mais en 1278, il recommença la guerre. „B.odolphe de Habsbourg s’adressa aussitôt, dit la chronique de Colmar, aux princes ses vassaux, savoir au roi de Hongrie, au duc de Saxe, au duc de Bavière, à beaucoup de seigneurs, à l’évêque de Bàle, à son fils le landgrave d'Alsace, à divers évêques, à tous ceux auxquels il avait confiance, au seigneur de Baldeck et leur manda de lui venir en aide avec toutes les troupes dont ils pourraient disposer . . . „ Pendant que ces périls menaçaient le roi Rodolphe, poursuit le chroniqueur contemporain, le seigneur Henri, évêque de Bâle, et frère de l'ordre des mineurs, homme sage et prudent, et ami très fidèle du roi Rodolphe 1 rassembla ses troupes. Conrad Wernher de Hattstatt, landvogt d’Alsace, équipa un corps de cent chevaliers d’élite montés sur des chevaux caparaçonnés en guerre. Ces deux seigneurs réunirent leurs forces à Bàle (juillet 1278). De Bàle ils passèrent ensemble dans la Souabe où le comte de ... se joignit à eux avec cent hommes pareillement montés. 2 Comme ils avaient à traverser des pays dont les seigneurs n'étaient pas tous sûrs, ces soldats ne purent, pendant plusieurs jours, quitter leurs pesantes armures. Lorsque ces renforts arrivèrent à Vienne, le roi d'Allemagne éprouva une grande joie. . . Il leur dit: „Je désire que vous preniez un jour de repos, puis nous commencerons à agir : il me suffit de vous pour défendre et protéger ma vie; ma confiance est en Dieu qui m’a élevé miraculeusement à ce degré de puissance et qui m'y a soutenu par sa volonté; j'espère que sa grâce me viendra en aide aujourd’hui. “ — Après ces paroles du roi, les chefs retournèrent vers leurs troupes: „ Préparez-vous tous à combattre demain, leur dirent-ils, car demain nous devons attaquer vigoureusement l’armée du roi de Bohême/' Alors tous les gens du roi Rodolphe coururent à leurs confesseurs; les uns dressaient l’état des restitutions auxquelles ils étaient tenus, les autres se réconciliaient avec leurs ennemis; tous se préparaient à recevoir avec piété la communion, se sentant exposés au danger de mort. Toute l’armée du roi Rodolphe portait pour signe une croix blanche et celle du roi de Bohême une croix verte . . .

1 „ ... vir sapiens et discretus, et régi Ruodolpho fidelissimus amieus . . . “ Chron. Colin, p. 286. =

2 Annales S. Rudberti Salisburg. apud Pertz, monum. germ. hist., t. XI. p. 802 — 832. — Continuatio prædicatorum Vindobonensium. Ibid., p. 730 — 748.

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