‹ Histoire des Évêques de BaleChapitre 226 sur 496 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

de ce don important, Rodolphe de Habsbourg, toujours en reconnaissance des services à lui rendus par son très cher prince évêque de Bàle, dans un temps où il s’agissait de la vie du monarque et de l’honneur de l’empire, accorda à Henri d’Isny et à ses successeurs la jouissance à perpétuité de l’impôt perçu à Bàle sur le bois de chauffage au profit de l’empereur. En retour, l’évêque de Bàle s’engageait à fournir le bois à brûler au logis impérial, quand le souverain résiderait à Bàle. 1

Après la victoire de Marcfeld, l’évêque de Bàle prolongea son séjour à la cour de Vienne durant toute la tin de l'année 1278 et une partie de la suivante. Il fut chargé de plusieurs missions importantes. Le roi d’Angleterre Edouard Ier, lui donna la commission de traiter du mariage projeté entre sa tille Jeanne et Hartmann, second fils de l’empereur. Deux frères prêcheurs furent députés avec Henri d’Isny à Bodolphe de Habsbourg pour régler cette affaire. Les fiançailles eurent lieu en effet, mais le mariage fut empêché par la mort prématurée du jeune prince qui se noya dans le Rhin en 1281. 2

Henri d’Isny fut aussi chargé d’instruire le procès canonique du nouvel évêque de Prague, Thobias, de concert avec Bruno, évêque d'Olmutz. L'élection fut confirmée par le métropolitain, l’archevêque de Mayence, sur le rapport des commissaires impériaux et l’évêque de Prague fut sacré le 26 février par l’évêque d’Olmutz, assisté des évêques de Seckau et de Bàle. 3 Ce fut sans doute à la sollicitation d’Henri d’Isny que l’empereur accorda à la ville de Colmar une charte de franchises qui fut plus tard étendue à la ville de Porrentruy. Le diplôme impérial dressé à Vienne le 29 décembre 1278, a pour témoins plusieurs princes et prélats, parmi lesquels figure l’évêque de Bàle. 4

A son retour dans sa ville épiscopale, 5 Henri d’Isny transféra au delà du Rhin, au Petit-Bàle, dans le couvent des frères sachets, les sœurs de Ste Claire qui avaient déjà dans le Grand-Bâle, hors des vieux murs, une maison appelée Gnadenthcil. 6 L’évêque de Bàle n’oubliait pas qu’il appartenait à l’ordre de S. François. Les sachets qui étaient des moines mendiants, étaient tombés dans un tel dénuement que plusieurs de leurs maisons furent supprimées par le concile de Lyon en 1275. On suppose que celle de Bàle fut de ce nombre. L’annaliste de Colmar dit que l’évêque de Bàle reçut cinq de ces religieux dans l’ordre des frères mineurs; il fit de leur provincial le prévôt des chanoines de Saint-Léonard; pour les autres, il pourvut comme il put à leur entretien. 7 Les Glarisses eurent au Petit-Bâle un couvent très florissant qui compta des religieuses des meilleures familles. Aujourd’hui leur église sert au culte catholique. En même temps que les Glarisses prenaient la place des frères sachets, les nonnes de Clingenthal, qui avaient leur couvent tout proche, s’enfermaient de murs, avec l’autorisation de l’évêque de Bàle et du conseil du Petit-Bâle (19 mars 1278). 8 Le Grand-Bâle témoigna à la même époque l’estime et les sympathies dont jouissait cette maison religieuse. „Le conseil de ville, reconnaissant que les saintes et vénérables filles,

1 „ . . . quod in summo necessitatis articulo, ubi pro vita nostra et honore imperii certabamus, per

ipsum sentimus specialius nos adjutos. “ Codex dipl. eccl. Basil., fol. 77 b. = 2 Ann. præd. Golrn.. p. 74. =

3 Canonicorum Pragensium Continuatio Cosinæ, apud Pertz. mon. germ. hist., t. XI. p. 195 — 228. =

4 Trouillat, t. II. p. 309. =. s Le landvogt d’Alsace, Conrad Wernlier de Hattstatt revint de Vienne après

la S. Mathias (24 février) 1279. dit. l’annaliste de Colmar; il est probable que l’évêque de Bàle fut de

retour à la même époque. = 6 Urstisius, Epit. liist. Basil., p. 275. = 7 Ann. præd. Colm., p. 84. =

8 Ch. Urstisii codex diplom. Brucknerianus, fol. 15b,

Page 1