‹ Histoire des Évêques de BaleChapitre 227 sur 496 · L’EMPEREUR RECOMPENSE HENRI D’ISNY · texte numérisé non relu

L’EMPEREUR RECOMPENSE HENRI D’ISNY

les chères sœurs en Jésus-Christ de l’ordre des frères prêcheurs, dites de Clingenthal, bourgeoises de Bâle, servent Dieu sans relâche pour le bien de toute la ville, déclare que ces religieuses possèdent dans cette ville toutes les libertés dont jouissent les autres citoyens, et qu’en outre, elles ne peuvent être citées devant aucun autre juge séculier que les conseillers de la ville de Bâle qui les protègenl comme la prunelle de leurs yeux. “ 1

La guerre qui appelait au secours de l’empereur les troupes d’Alsace et de l’évêché, explique les inquiétudes des religieuses qui cherchent à se mettre à couvert derrière de fortes murailles et sous la garde de la puissante cité de Bâle. De son côté Bâle entra dans l’alliance des villes de Mayence, Strasbourg, Worms, Spire, Colmar, Schelestadt, Haguenau, Wissemhourg, Openheim, Francfort, el d’autres, dont les représentants se réunirent à Haguenau pour maintenir la paix publique pendant deux ans depuis Mayence jusqu'à Bâle. Cette sainte paix fut jurée d’un voix unanime pour l'honneur de Dieu et delà glorieuse Vierge sa mère.

Sceau d’Édouard, roi d’Angleterre.

On décida aussi de châtier ceux qui établiraient des péages inaccoutumés sur le cours du Rhin (24 juin 1278). 2 Une alliance analogue fut conclue vers le même temps entre Berne et Bienne. pour cinq années consécutives (septembre 1279). 3

Le couvent de Lucelle, faiblement abrité derrière ses murailles, et isolé dans une vallée sauvage, sollicita à son tour le secours de l’évêque de Bâle dont le crédit était renommé et les armes redoutables. Henri d’Isny prit le monastère sous sa protection spéciale et recommanda ses chers religieux à la garde des recteurs d'églises, des juges, des châtelains de son diocèse. 4 L’annaliste des dominicains de Bâle-Colmar signale à l'année I 278 l’expédition du seigneur de Gliers qui pilla la vallée de Delémont (le Sornegau) et mit à mort trois nobles. Lucelle eut sans doute aussi à souffrir de ces troupes pillardes et réclama secours contre les voleurs. 5

Le même chroniqueur rapporte qu’à son retour de Vienne (1279), l’évêque de Bâle tmt une grande assemblée; — qu’il consacra des clercs dans l’église des

1 Ch. Urstisii codex diplorn. Brucknerianus, fol. 15. = 2 Weneker, Apparatus archivorum, p. 186.=

3 Trouillat, t. IL p. 318. = 4 Cartulaire de Lucelle, 1. 1. p. 54. = 5 Annal, præd. Golm., p. 70.

Page 1