‹ Histoire des Évêques de BaleChapitre 233 sur 496 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

et amiables compositeurs Joffroi, chanoine de S. Diez (diocèse de Tulle) et le chevalier Henri de Grandvillars ; l’évêque désigna pour ces fonctions les chevaliers Pierre Scalary et Jean ze R hein. Les arbitres devaient se réunir au château de Porrentruy, le dimanche après la Nativité de la Ste Vierge et travailler pendant une semaine à l’arrangement désiré. S’ils ne parvenaient pas à s’entendre, ils devaient passer la semaine suivante au château de Pleujouse, et ainsi de suite durant un mois. Ce terme écoulé, si rien n’a été fait, l’évêque et le comte prieront l’évêque de Lausanne d’être avec ou sans les quatre arbitres, leur amiable compositeur, après la Toussaint. Si ce prélat s’y refuse, les quatre arbitres se réuniront au château de Grandson d’où ils ne pourront sortir qu’après l’arrangement de l’affaire; ils pourront s’adjoindre un cinquième arbitre et, en cas de mort ou d’absence nécessaire, se compléter par un choix qu’ils feront eux-mêmes. L’évêque de Bâle et le comte de Montbéliard s’engageaient à accepter le jugement arbitral. 1

Il paraît que les arbitres ne purent s’entendre, car nous trouvons en mars de l’année suivante, Porrentruy étroitement assiégé par l’empereur et les évêques de Bâle et de Strasbourg. L’armée impériale établit son camp près de Charmoille: autour de l’empereur qui commandait en personne, on voyait Conrad de Lichtenberg, évêque de Strasbourg (1279 à 1299), l’évêque de Bâle, le burgrave de Nuremberg Frédéric, Jean de Thierstein, Wilhelm de Frobourg, le comte Thiebaud de Ferrette qui avait amené ses hommes au secours d’Henri d’Istein. Le siège de la ville commença le mardi après le dimanche Esto milii, 2 mars 1283, et se prolongea durant six semaines. Les assiégés se rendirent enfin le vendredi saint, 1 6 avril, et le lendemain, le comte de Montbéliard Renaud de Bourgogne reconnut par un acte solennel dressé au camp devant Porrentruy, — in castris ante Burrentru, — que le château de Porrentruy, avec ses droits et dépendances, les avocaties d’Ajoie et de Bure appartiendraient désormais sans conteste à l’évêque et à l’église de Bâle. Tout différend entre l’évêque et le comte cessait aussitôt; les prisonniers devaient être rendus de part et d’autre et la paix était rétablie. 2 Le château de Milandre fut pris également et détruit par les troupes impériales. 3

Rodolphe de Habsbourg, avant de quitter Porrentruy, voulut laisser à cette ville un gage précieux de sa bienveillance impériale. Par une charte dressée à Porrentruy le 20 avril 1283, l’empereur lui accorda les mêmes franchises dont jouissait la ville de Colmar et la tenue d’un marché hebdomadaire, fixée au jeudi. Il voulait reconnaître par cet acte les mérites remarquables du vénérable évêque de Bâle, son prince et secrétaire très cher, qui, dans des circonstances très difficiles, alors que la fortune menaçait d’abandonner l’empereür, et pour d’autres affaires dont il fut chargé, avait fait constamment preuve de son habileté et de son dévouement; aussi le portait-il dans son cœur connue le plus cher objet de ses affections. 4 Sur sa prière, il affranchit la nouvelle et la vieille ville et l’espace compris entre l'une et l’autre et lui accorde les franchises de Colmar. L’empereur

1 Codex dipl. eccl. Basil., fol. 111. = 2 Ibid, p. 106b. — 3 Ann. præd. Colm., p. 108. — Chron. Alb.

Argent. — Gotfridus de Ensmingen, apud Bôhmer, Fontes rerum germ., II. 117. = 4 „Quod nos atten-

dentes clarissima mérita venerabilis Henrici Basiliensis episcopi, principis et secretarii nostri karissimi, quibus in extrerne necessitatis articulo, dum fortuna solite felicitatis vultum absentare minabatur a

nobis, nec non in omnibus nostris negotiis peragendis féliciter tam clare experiri tribuit eximie sue legalitatis prestantiam, quod ipsum velut insigne signaculum locavimus in cor nostrum sernper præ cæteris diligendum.“ De l’original, aux archives de la ville de Porrentruy, que les procédés de nos éditeurs nous permettent de reproduire in extenso et en fac-similé parfait.

Charte des franchises de Porrentru)donnée par l'empereur Rodolphe de Habsbourg le 20 avril I2«3. Aun Archives de Porrentruy.

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