L’EMPEREUR S’EMPARE DE PORRENTRUY
une fille de son fils Albert, comte cle Habsbourg (11 juin 1383), et la paix fut conclue à Lausanne par un traité solennel qui renfermait le consentement explicite des deux parties (juillet 1383). L’acte mentionne les instances faites auprès de l’empereur, par le pape Martin IV, par la reine-mère de France, par Edouard, roi d’Angleterre, et par d’autres illustres personnages. Rodolphe de Habsbourg reçoit en grâce et amitié le comte de Savoie, lui promettant aide et secours au besoin. A côté des sceaux de l'empereur et du comte, le traité portait ceux de l’évêque de Bâle et de l’évêque de Belley qui avaient su mener à bonne fin cette difficile affaire.1 Un accord subséquent, daté du 3 janvier 1384, conclu entre Rodolphe et Philippe de Savoie, réserve pour l’avenir en cas de différend entre les deux souverains, l’intervention comme arbitre du vénérable évêque de Bâle, Henri. 2
L’empereur reconnut l’éminent service que son fidèle secrétaire venait de lui rendre, en lui prêtant main forte dans ses réclamations au sujet de Porrentruy.
Thierry III, comte de Montbéliard avait donné en 1383 (15 mai) son comté à Renaud de Bourgogne, le mari de son arrière petite fille Guillaumette de Neuchâtel; mais il s’était soigneusement réservé Porrentruy et sa châtellenie, le château de Milandre, Blamont, l’avocatie de Delle, etc. 3 Après le décès du Grand-baron, comme on appelait Thierry III, qui mourut avant le 4 septembre 1383, Renaud de Bourgogne prétendit à la possession de Porrentruy et des domaines réservés par l’acte de donation dont nous venons de parler. L’évêque de Bâle qui comptait le Grand-baron parmi ses vassaux, pour les avocaties d'Ajoie el de Bure reçues par lui en fief en 1380, réclama contre les prétentions du nouveau comte de Montbéliard. On ne put s’entendre et il fallut nommer des arbitres. Par un accord conclu entre les parties, le 4 septembre 1 383, sous le tilleul de Courgenay, sub tylia de Corgenne, — Renaud de Bourgogne jura d’observer à la lettre les engagements pris par Thierry III envers l’évêque de Bâle. Pour les autres questions en litige, en particulier sur Porrentruy, le comte choisit pour arbitres
1 Kopp, Urkunden zur Geschichte der eidgenôssischen Blinde, t. II. p. 112. = 2 Ibid., p. 119. =
Dunod, histoire des comtes de Bourgogne, t. II. p. 605.