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CHAPITRE XVII

Rodolphe de Habsbourg déclare que la circulation sur les routes de l’empire doit être libre et statue que quiconque sera empêché dans l’exercice de ce droit, peut avoir recours à Sa Majesté.1 Encore, le 1er avril, il appose son scel, ainsi que l’évêque de Strasbourg à un traité de paix entre le comte Egon de Fribourg en Brisgau et les habitants de cette ville. 2

Le 25 avril, neuf jours après la reddition de Porrentruy, l’évêque Henri d'Isny était de retour à Bâle où il hypothéquait à trois Bàlois les dîmes et revenus de son église à Soultz et à Richen pour six cents marcs d’argent, destinés à parfaire la somme qu’il devait verser pour la Terre sainte; — subsidio terre sancte. - L’empereur était aussi à Bâle à la même époque; un diplôme impérial en faveur de l’abbaye d’Olsberg, est daté de cette ville, du 30 mai 1283. 4 L’évêque de Bâle profita de la présence du monarque pour s’assurer son secours, dans la construction de plusieurs châteaux qu’il crut nécessaire au bien de son évêché. Pour protéger Porrentruy et l’Ajoie, du côté de Montbéliard, il fit bâtir sur le haut d’une montagne qui domine toute la contrée, le château de Pioche d’or: les constructions étaient achevées en 1284. 5 Henri d’Isny commença aussi le château du Schlossberg près de la Neuveville: cette bâtisse ne fut achevée que sous son successeur, Pierre de Beichenstein. Le château d’Erguel, près de Sonvilier, fut également reconstruit et fortifié par Henri d'Isny avec le secours de l'empereur. 6

En même temps, l’évêque assurait à son église les domaines qu’il venait de se faire restituer par la force des armes. Le 2 mars 1284, la comtesse de Montbéliard Guillaumette, approuve et ratifie les concessions faites par le comte son mari à l’évêque et à l’église de Bâle. 7 De son côté Renaud de Montbéliard abandonne à Henri d’Isny le château de Milandre avec ses dépendances qu’Étienne de Gonsans tenait alors en fief comme vassal de Montbéliard8 (3 avril 1284) et qu’il garda en prêtant serment en 1285 (7 janvier) à l’évêque de Bâle, comme son homme lige. 9 Le comte Renaud de Bourgogne était alors à Fribourg en Suisse où il rencontra l’évêque de Bâle avec lequel il fit alliance, en lui promettant solennellement qu’aucune atteinte ne serait portée de sa part, ni de celle de ses gens aux sujets ou aux biens de l’église de Bâle. En retour l'évêque de Bâle lui donna en fief Blamont et son château, des dîmes à Phaffans, Evette, le fief tenu jusque-là par Henri de Grandvillars, Pierrefontaine, et cinq villages voisins ; Renaud de Montbéliard fil hommage pour ses fiefs à Henri d’Isny, le reconnaissant pour son seigneur et suzerain. Le traité d’alliance et l’acte de soumission du comte portent la même date, Fribourg, le 3 avril 1284. 1 0 L’empereur Rodolphe, qui était à Fribourg à la même époque, confirma le traité d’alliance et les conventions conclues entre Renaud et Henri d’Isny (3 et 5 juin 1284). 11 Quelques semaines auparavant, le monarque avait délivré à son très cher prince et secrétaire, l’évêque de Bâle, pour sa fidélité inviolable, dont les preuves n’avaient pas besoin de témoins, puisqu’elle avait brillé avec éclat dans nombre d’affaires, 12 — un diplôme daté de

1 Warnkônig, Flandrische Geschichte, I. [I. p. 17(5. = 2 Kopp, op. cit. = 3 Trouillat, t. II. p. 378.

Le sceau de l’évêque le représente assis tenant la crosse de la main gauche et bénissant de la droite

avec la légende: f S. Episle Hnrici : or . . . L)ei Gra. Epi. Basilien. = 4 Hergott, geneal. dipl. Habsb.,

t. 11. p. 514. = 6 Un acte du 3 avril 1284 mentionne déjà Roche d’or. Trouillat, t. II. p. 386. = ü Ex

chron. Alberti Argentin. = 7 Codex dipl. eccl. Basil., fol. 107b. = 8 Ibid., fol. 108a. = 0 Ibid.,

fol. 112. = 13 Ibid., fol. 104b. = 11 Ibid., fol. 109b. = 12 „Ob fidem suam purissimam quam nobis

crebrius effectus operum, qualibet testium depositione solemnior, laudabiliter in multis necessitatibus

demonstravit . . . “ Ibid., fol. 105b.

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