HENRI D’ISNY, ARCHEVEQUE DE MAYENCE
Fribourg (en Suisse) 22 avril 1284, déclarant qu’aucun homme propre de l’église de Bàle ne pouvait obtenir le droit de cité à Delle.
Ce fut encore pour reconnaître les services de l’évêque de Bàle et pour répondre à ses prières que l’empereur affranchit le Petit-Bâle, ville au-delà du pont de Bâle, du diocèse de Constance et lui accorda les mêmes privilèges dont jouissait la ville de Colmar. En outre, trouvant que c’était un lieu très bien placé pour un marché hebdomadaire, il en autorisa la tenue tous les jeudis, comme à Porrentruy avec tous les avantages qui y étaient attachés. Le diplôme impérial en faveur du Petit-Bâle fut dressé le 29 octobre 1285 à Lucerne où se trouvait alors Rodolphe de Habsbourg. On y lit la phrase suivante qui mérite d’être recueillie : „ Quoique le roi reconnaisse devoir ses bienfaits à tous ses fidèles sujets, sa bienveillance
royale est acquise surtout aux prières des princes dont le secours et la force soutiennent l'empire romain, comme sur des colonnes inébranlables." 1
Henri d’Isny multipliait autour de lui les témoignages de sa sollicitude pastorale et de son dévouement à ses sujets et à ses ouailles. Le couvent de Bellelay, de l’ordre de Prémontré, se rendait alors aimable à Dieu et aux hommes, comme le dit lui-même l’évêque de Bàle, par la piété et les mérites de ses religieux; aussi Henri d’Isny leur portait-il une prédilection spéciale. Etant à Colmar, en 1284 (26 février), il leur délivra une charte qui affranchissait de toute espèce de servitude, les étrangers qui s’établiraient sur les terres de l’abbaye : ils devaient cependant payer chaque année à l’évêque de Bâle un chapon et une émine d’avoine, et se prêter à sa défense comme les autres habitants de ce pays. 2 Ce fut pendant
1 „Etsi regalis benignitas se recognoscat cunctis suis fidelibus debitricem, specialiter tamen debet pre ceteris, votis principum quorum presidio, veluti per columnas egregias et suo vigore et soliditate
continua fidebus romanum imperium conservatur, placidius complacere. “ Spreng, Der mindern Stadt. Basel Ursprung und Altertum, p. 47. = 2 Trouillat, t. II. p. 390.