CHAPITRE XVII
Albert de Strasbourg, lui reprocha la prédilection marquée qu’il avait pour les hommes de guerre. Aussi, lorsqu’il fut mort, on trouva sur sa tombe les deux vers suivants qui témoignaient des mauvaises dispositions du clergé à l’égard de leur évêque défunt :
Nudipes antistes, non curât clerus ubi stes :
Dum non in cœlis, stes ubicumque velis.
C’est-à-dire: Va nu-pieds d’évêque, le clergé n’a pas souci de ta demeure; pourvu que ce ne soit pas au ciel, siège où il te plaira.
Henri d’Isny ne méritait pas ce mépris du clergé de Mayence. Il était zélé, actif, observateur rigoureux de la discipline ; Albert de Strasbourg qui ne lui est pas favorable, ne peut s’empêcher de reconnaître qu’il fit beaucoup de choses avec un grand courage. 1
Henri d’Isny ne fut que deux ans archevêque de Mayence: il mourut à Haguenau le 18 mars 1288, suivant les annales de Maurimont. 2 — Il portait dans ses armes : de sable à trois fers de cheval d’argent cloués de sable.
1 „Multa strenue peregit.“ Chron. Alb. Argent. = 2 ,,1288 obiit frater Henricus ordinis minorum, archiepiscopus Moguntinus.“ Ann. præd. Colrn. — ,,1288. Ipso anno XV Kal. aprilis Hagennæ obiit
dominus Henricus archiepiscopus Maguntinus, prius episcopus Basiliensis de ordine minorum fratrum.“ Annales Maurimonasterienses, Bôhmer Fontes, III. 10.
Armoiries d’Henri d’Isny.
Fac-similé d’une miniature d’un Psautier du XIIIe siècle,
représentant les travaux de la guerre, de la science, du commerce et de l’agriculture.