‹ Histoire des Évêques de BaleChapitre 25 sur 496 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Pour élucider cette importante question, Mgr Lâchât, évêque de Bâle, s’est adressé à Mgr de Marguerie, évêque d’Autun, afin d’avoir des renseignements certains à ce sujet. Mgr d’Autun chargea M. Bouange, aujourd’hui évêque de Langres, de dresser un mémoire sur cette question. L’écrit du savant prélat est entre nos mains. Il renferme toutes les preuves qui doivent faire attribuer à l’église d’Augst et de Bàle le S. Ragnacaire de Luxeuil.

Il y a eu à Autun un saint évêque du nom de Radio qui a toujours joui d’un culte public dans ce diocèse. Sa fête se célébrait le 98 janvier, sous le rite double, avec vigile et encore le 5 décembre sous le même rite, mais sans vigile. Le corps de ce saint pontife, enfermé dans un tombeau de pierres rouges, reposait dans une magnifique église dont la voûte était soutenue par des colonnes de marbre. Le 9 avril 1530, Jacques Hurault, évêque d’Autun, fil transférer les reliques de S. Radio dans la cathédrale, et les déposa dans un autel qu’il avait consacré, ce même jour, sous le titre du saint évêque et qui était situé derrière le maître-autel. En 1699, le 96 février, la voûte du chœur s’étant écroulée, des pierres tombant sur l’autel de S. Racla», en brisèrent la table de marbre et mirent à découvert le corps du Saint, enveloppé d’une très ancienne étoffe de soie. On le transféra processionnellement dans la basilique de S. Lazare, qui est restée la cathédrale d’Autun.

En 1799, le corps de S. Racho fut arraché de la châsse d’argent où il reposait, et jeté par les révolutionnaires dans un caveau d’où des mains pieuses le retirèrent, pour le mettre à l’abri de la profanation. Eh 1803, les saintes reliques furent remises à Mgr de Foutanges qui les replaça dans la cathédrale où elles sont encore conservées aujourd’hui.1 Après avoir exposé historiquement le culte rendu de tout temps à S. Racho, Mgr Bouange traite la question très difficile de l’épiscopat de S. Racho à Autun. L’abbé Lebeuf, au siècle dernier, niait cet épiscopat. „ C’est un étranger, disait-il en parlant de S. Racho, dont les reliques ont été apportées à Autun; il n’a jamais été évêque de ce diocèse. Le saint évêque dont le corps repose à Autun esl Rachnacaire, évêque de Bàle et d’Augst; les rédacteurs du nouveau bréviaire se sont trompés en confondant l’évêché d’Augst, Augustana ecclesia avec Autun, AugustodunumA '2 * * * * * (Lettre de Lebeuf du 7 février 1730.)

Il est vrai que ni les martyrologes anciens, ni les documents liturgiques ne donnent à S. Racho le titre d’évêque d’Autun. Dans le bréviaire du cardinal Rolin, l’office de ce saint est en entier de commuai confessons pontifiais. Mais le Galha Christiana (IVe vol.) assure que S. Racho est mentionné dans tous les catalogues des évêques d’Autun. C’est la tradition immémoriale de l'Eglise Eduenne.

En outre, un document authentique de 658 porte la signature d’un évêque d’Autun du nom de Ragnobert. 3 Le cardinal Pitra, dans son histoire de S. Léger, veut que Racho et Ragnobert ne soient qu’une même personne et que le nom de Racho ne soit qu’une altération de celui de Ragnobert, que portait l’évêque signataire de la charte de 658.

1 Mémoire de Mgr Bouange qui cite les manuscrits antiques conservés à la bibliothèque du séminaire

d’Autun; — le bréviaire du cardinal Rolin, imprimé en 1480; etc. — Autun chrétien par Saulnier, 1685;

Histoire de l’Église d’Autun par l’abbé Gagna re. 1774; Légendaire d’Autun par M. Pecquegnot, curé de

Rully 1850. etc. = 2 Correspondance littéraire de Bénigne Germain, chanoine théologal de l'Église d'Autun.

par Anatole de Charmasse, 1864. - 8 „In Christi nombre Ragnobertus ac si indignus, Augustudunensis

ecclesiæ Episcopus consentiens subs.“ — Mabillon a publié cette charte dans ses annales bénédictines,

Page 1