‹ Histoire des Évêques de BaleChapitre 26 sur 496 · S. RAGNACAIRE, ÉVÊQUE DE RALE · texte numérisé non relu

S. RAGNACAIRE, ÉVÊQUE DE RALE

En admettant cette affirmation de l’illustre bénédictin, peut-on soutenir que S. Racho a été évêque d'Autun et de Bâle?

Le nom de S. Racho a une grande ressemblance avec celui de S. Ragnacaire et son épiscopat concorde avec l’époque assignée par Jonas à l’évêque de Bâle, puisque S. Eustaise gouverna l’abbaye de Luxeuil de 610 jusqu’en 625. De plus, une des églises dont S. Ragnacaire fut le pasteur est appelée Augustana, nom qui ressemble assez à Augustodunum. On lit même Augustudini dans quatre manuscrits cités par les Bollandistes, ainsi que dans le texte de Surins. 1 De là, au XVIIe siècle, (les Bollandistes écrivaient en 1667) l’opinion de la plupart des hagiographes, soit éduens, soit autres, touchant l'identité de S. Racho avec Rachnacaire, disciple de S. Eustaise et sur l’épiscopat soit simultané soit successif de S. Racho à Autun et à Bâle. De là, la rédaction en ce sens de la légende de S. Racho dans le Propre romain-éduen de 1700, dans le bréviaire éduen parisien de 1728, et dans les éditions successives jusqu’en 1851. On y lit que S. Racho, embrasé de zèle pour la dilatation du règne de Dieu, alla prêcher l’évangile à Bâle, ce qui lui valut d’être appelé évêque de Bâle par un auteur contemporain. Après cet apostolat momentané, il revint à Autun où il mourut. Il faudrait admettre que S. Racho, disciple d’Eustaise entre l’an 610 et l’an 625, et jeune encore, aurait administré l’Église de Bâle pendant 30 ou 40 ans et qu’il aurait été appelé, dans sa vieillesse, à s’asseoir sur le siège d’Autun. 1.1 n’aurait pu passer d’Autun à Bâle, puisque le Ragnobert de 658 est mort à Autun de mort violente, après deux ans d’épiscopat. Il aurait pu encore moins être à la fois évêque d’Autun et de Bâle; ces deux églises sont trop éloignées l’une de l’autre et dépendent de deux métropoles. Les li turgistes éduens de 1700, de 1728, etc. n’ont voulu voir dans l’épiscopat de Bâle qu’une excursion apostolique, mais cette interprétation forcée du texte de Jonas n'est qu’une conjecture plus ingénieuse que réelle. D’autre part, qui ne sait qu'à cette époque les translations d’un évêché à un autre étaient chose presque inconnue, presque an l i -canonique et regardée comme un désordre. Comment supposer qu’un saint aurait donné les mains à un acte de ce genre?

Enfin, quand on lit attentivement le texte de l’historien de S. Eustaise, on voit dans cette constellation d’évêques qu’il énumère parmi les disciples du saint abbé, des hommes revêtus de cette éminente mission pour une même contrée, pour des diocèses qui se tiennent; c’est Chagnoald à Laon, S. Orner à Boulogne et à Térouanne, S. AchaireàNoyon et à Tournay; il paraît donc tout naturel de regarder Ragnacaire, leur collègue, comme ayant été donné pour pasteur à Augst. et à Bâle, qui sont contigus, et non à Autun et à Bâle, diocèses séparés par ceux de Langres et de Besançon. C’est Augustanœ ecclesiœ qu’il faut lire et non .6 igustoduni; ce dernier texte n'est qu’une erreur de copiste bien facile à expliquer. Ragnacaire, disciple de S. Eustaise, a été évêque d’ Augst et de Bâle, contemporain "l| presque contemporain du saint évêque d’Autun, Racho ou Ragnobert; mais il ie faut pas les confondre l’un avec l’autre; ce sont deux personnages distincts.

Un nouveau document mis au jour, il y a quelques années, confirme en tous points cette manière de voir. Un professeur à Munich, le Dr. Friedrich, a publié a Bamberg en 1867 un opuscule ayant pour titre: „ Trois conciles inédits de

1 Rolland. Acta SS. 29 mars. Vita S. Eustasii, p. 789. Dans les notes qui suivent le texte, on lit: -.Rachnarius creditur Augustoduno migrasse Basileam.u

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