CHAPITRE XVIII
Birseck, depuis longtemps inhabitée et désolée, à cause de la ruine et du délabrement des bâtiments. 1
Un autre château, portant le nom de Richenstein, était depuis longtemps un fief capital des Reich de Bâle. Eu 1267, l’évêque Henri de Neuchâtel en avait confirmé l’investiture à Rodolphe Reich et à ses successeurs. 2 L’évêque Pierre donna en fief' ce château avec le domaine d’Arlesheim, et la dîme épiscopale à Nuglar et à Sewen, à son frère Mathias- et à son neveu Pierre. C’est ce vaste domaine, possédé par les nobles Reich de Bâle, qui donna aux membres de cette illustre famille le nom de Reichenstein qu’ils portent dans l’histoire de l’évêché de Bâle. L’évêque est appelé dans nos plus anciens catalogues Pierre Reich de Reichenstein. 3
Tandis que ce prélat enrichissait sa famille en accroissant ses propriétés, il payait ses propres dettes; un acte dressé à Worms par le conseil et les bourgeois de celle ville le 10 juin 1292 atteste que l’évêque Pierre a remboursé cinquante livres de Halle au chevalier Conrad Begger d’Ulm, qui réclamait en outre trente livres pour les intérêts arriérés. 4 En 1294 (13 avril), nous trouvons l’évêque Pierre, achetant à son frère Mathias pour cent marcs d’argent une maison ou enclos (curiam), qu’il possédait au Petit Bâle, près de Saint -Théodore, sur les bords du Rhin. 5 Un don fait à l’évêque de Bâle par le chevalier de Telsperg (Delémont) en 1293, mit Pierre Reich de Reichenstein en possession du droit de patronage de l’église de Courroux, avec tous ses hommes y résidant et trois terres sises en ce lieu. 6
Un échange important fait avec le chapitre de Moutier en 1295 (24 août) assura à l’évêque et au chapitre de Bâle des ressources et des revenus précieux. L’évêque céda aux chanoines de Moutier des revenus en argent et en nature perçus à Moutier et dans la prévôté, la dîme de Perrefite, des Corcheresses, etc. sauf le droit de patronage de l’éghse de Chalière; en échange, le chapitre de Moutier donna à l’église de Bâle le péage de Bienne, la dîme d’Orvin, les revenus mortuaires de Boujean, certaines rentes à Courtelary, excepté de même le droit de patronage de l’église d’Orvin et la villicature du val de Nugerole. 7
La même année, l’Eglise de Bâle reçut en franc-alleu des frères Jean et Thierry d’Arberg, seigneurs de Valangin, leur forteresse appelée la Neuveville, située au Val de Ruz. Les nobles donateurs donnèrent ce domaine à leur „ chier monsseignour Pierre, par la grâce de Dieu, evesque de Basle et a lesglese de Basle“ pour mieux se défendre, eux, leurs gens et leurs biens; puis ils le reprirent en fief de l’église de Bâle, après avoir fait obédience et serment à l’évêque, comme ils devaient „par droit de leur fye“. L’acte fut dressé et scellé en la Allé de Bienne, la veille de Ste Lucie (12 décembre) ,,1’an de grâce notre Seignour courant mil dos cens nouante et cinq ans“ (1295). 8
Le comte de Neuchâtel, Rodolphe IV ou Rollen envisagea cet acte comme une félonie. Résolu à en punir les auteurs, il monte au Val-de-Ruz à la tête de ses gens d’armes, y rencontre les troupes des seigneurs de Valangin, auxquelles s’étaient joints des hommes duSalsgau, de Saint-Ursanne et de Delémont envoyés
1 „Turrim ecclesie nostre Basiliensis in monte Richenstein versus Birsecka, dudum inhabitatam et
desolatam, ex edificiorum consumptione et putredine. Livres de fiefs nobles, fol. 66 a. = 2 Ibid., fol. 78 b. =
3 Ibid., fol. 66a. = 4 Trouillat, t. II. p. 525. = 6 Ibid., p. 574. = G Ibid., t. III. p. 675. = 7 Trouillat,
t. II. p. 587. = 8 Livre des fiefs nobles, fol. 23 b.