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MORT DE PIERRE REICH DE REICHENSTEIN

en toute hâte à leur secours par l’évêque de Bâle; il les attaque, les poursuit et les oblige à accepter le combat dans les champs de Coffrane, où il les défait entièrement le 38 février 1296. Jean et Thierry d’Arberg furent faits prisonniers avec nombre de leurs gens ; davantage encore restèrent sur le champ de bataille. 1

Au mois d’août de la même année, les deux seigneurs de Valangin étaient, encore en prison, et ce fut lâ qu’ils firent avec Rodolphe de Neuchâtel un compromis auquel adhéra l’évêque de Bâle. Ulrich de Porta (Thorberg) choisi comme arbitre par les parties prononça que le suzerain devait rester dans la plénitude des droits que le fait ou l’usage avaient consacrés; que les seigneurs de Valangin ne permettraient pas aux hommes royés (hommes de guerre) d’habiter dans leurs maisons fortes sans l’autorisation du Seigneur de Neuchâtel et qu’ils abattraient les fourches récemment élevées au Val-de-Ruz, sauf à les reconstruire plus tard, s'ils prouvaient qu’ils eussent des droits de justice criminelle. En terminant, l’arbitre se réserva d’aviser à ce qu’il conviendrait de faire, pour l’exécution de la sentence et le maintien de la paix. 2 Les deux nobles prisonniers durent se reconnaître coupables envers leur suzerain et fournir deux têtes d’argent du poids de 25 marcs chacune en signe du rachat de leur propre tête qu’ils avaient mérité de perdre par leur rébellion ; ces deux têtes furent plaçées auprès du maître-autel de la collégiale de Neuchâtel, sur un écu aux armes de Valangin, entre deux bannières provenant du butin fait à Coffrane. Ils durent en outre prêter foi et hommage au suzerain sous bâton levé et annuler l’acte de féauté passé entre eux et l’évêque de Bâle et en remettre l’expédition au seigneur de Neuchâtel; ensuite retirer des mains de l’évêque le bourg et le château de Valangin, qu’ils devaient reprendre en hommage de seigneur de Neuchâtel et enfin payer mille livres lausannoises pour frais de guerre. Telles furent les clauses sous lesquelles les captifs reçurent leur seigneurie en même temps que la liberté. 3

L’alliance de Pierre Reich de Reichenstein avec les sires de Valangin est un des derniers actes du règne de Pierre Reich de Reichenstein. On le trouve encore donnant â l’abbaye de Lucelle, l’église paroissiale de Ste Régule à Kientzheim dont elle avait déjà la collature (30 mai 1295), puis certaines forêts sises entre les communes de Bourrignon, Pleigne, Pleujouse et Frégiécourt (20 juin). 4 II obtient encore, quelques mois avant sa mort (17 février 1296), une réparation de deux cents marcs d’argent du comte Hermann de Ilombourg, pour certains dommages causés par ce seigneur à l’Église de Bâle. 5 C’était ce même comte qui avait vendu à la ville de Bâle, le 11 novembre 1295, pour 30 marcs d’argent, le droit d’établir plusieurs ponts sur la Birse. 6

L’évêque Pierre tint encore le synode annuel, où le clergé se trouva réuni autour de lui, selon l’usage. On était alors préoccupé du meurtre tout récent du chapelain d’Ungershehn, le prêtre Lenzelin qui avait été tué par Jean, maire de cette localité. L'official de Bâle chargé par l’évêque de connaître de ce crime, condamna l’assassin à une amende de 500 pièces d’or, il le destitua en même temps

1 „ Anno Domini MGGXGV, die ultiraa mensis februarii, in campis de Cofranes, Rodolfus, cornes et dominus Novi Castri cum gente sua de novo Castro totum debellavit gentes episcopi basiliensis, de Saligaudia. de Sancto Ursisino et de Delemont, et gentes de Valle Roduli. Ibi captivati fuerunt duo

fratres Johannes et Tetricus condomini de Vaulengin et plures alii et multi occisi.“ Chronique des chanoines de Neuchâtel, Matile, Monum. de l’histoire de Neuchâtel GCLXXVII. = 2 Ibid., 1. 1. p. 256. =

3 Matile, histoire de la seigneurie de Valangin, p. 25 et suiv. = 4 Cartulaire de Lucelle, N° 1. p. 151. =

° Livre de fiefs nobles, fol. 43. = 6 Gh. Urstisii, Codex dipl. Bruckn., fol. 43b.

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