CHAPITRE XVIII
de son office de maire, et exclut de l’entrée dans l’état ecclésiastique ou monastique ses descendants jusqu'à la quatrième génération, sans compter la pénitence publique encourue par les meurtriers. L’official punit également la commune d’Ungersheim, coupable d’avoir refusé au prêtre assassiné la prébende de la première messe qui lui était promise, en la privant à perpétuité de cette prébende et de cette première messe, interdite désormais dans cette paroisse tous les fonds appartenant à ce bénéfice devaient être remis de suite à l’évêque pour être consacrés au soulagement de l’âme du prêtre assassiné et des bienfaiteurs de la prébende. L’autel de Ste Marie que desservait le pauvre prêtre devait être en signe de deuil, dépouillé des nappes, images et reliques qui s’y trouvaient, jusqu’à nouvel ordre de l’évêque. De plus, pour punir la paroisse qui paraît avoir trempé dans le crime, l’église d’Ungersheim était interdite: les paroissiens devaient assister à l’office divin et recevoir les sacrements à Morschwiller ; les baptêmes, les enterrements et l’administration des mourants étaient seuls permis à Ungersheim. L’interdit fut encore étendu aux lieux où l’assassin excommunié lui-même avait cherché refuge. Cette sentence du 5 mai 1296 fut promulguée dans tout le diocèse de Bâle. 1 * III
L’évêque Pierre Reich de Reichenstein était dans la dixième année de son épiscopat, lorsque la mort le fit descendre auprès de ses prédécesseurs, dans la tombe qui lui fut préparée devant l’autel de la Ste Vierge. Le liber vitœ de la cathédrale fixe son trépas au 3 septembre, jour auquel chaque année se célébrait son anniversaire. 2 Les annales de Colmar placent la mort de l’évêque Pierre Reich au 4 avril 1296; mais un acte authentique du 14 août 1296 atteste que l’évêque de Reichenstein vivait encore à cette époque. Le liber vitœ de la cathédrale mérite toute créance et nous acceptons comme véritable la date qu’il assigne à la mort de Pierre Reich de Reichenstein. Les nobles de cette famille blasonnaient leur écu d’or à un fer de lance de sable.
1 Liber marcarum, fol. XIX b., aux archives du château de Porrentruy. = 2 Son épitaphe à la cathédrale parait erronée si on applique le chiffre VI au jour de sa mort, au lieu d’en faire l’année exacte de son trépas. Il faut lire
Anno Domini MGCXGVI
III die mensis Septembris Obiit
Reverendus Dominus Petrus Rych de Rychenstein Episcopus Basil iens.
Gujus anima requiescat in pace.
Armoiries de Pierre Reich de Reichenstein.
Tombeau de Pierre d’Aspelt dans la cathédrale de Mayence.