CHAPITRE XIX
divisaient ses puissants voisins, s'était assuré l'alliance et le protection de la ville de Berne. Le 9 juillet 1297, l’acte cle confédération qui unissait depuis 1279 ces deux cités, fut renouvelé pour neuf années consécutives. Les alliés se promettaient assistance mutuelle; ils ne réservaient que l’évêque de Bâle contre lequel ils ne pourraient lever les armes. En cas de différend entre les deux villes, on devail choisir à Arberg deux juges pour trancher la question. Le traité fut juré sur les reliques des saints à Berne le 1er juillet et à Bienne le 9 du même mois 1 297 . 1
Bâle et Frihourg en Brisgau étaient alors divisés par un différepd qui avait été soumis à la décision du podestat de Corne. L’évêque de Strasbourg, choisi comme arbitre en cette affaire qui touchait également l’évêque de Bâle et le comte de Fribourg, s’en était rapporté le 12 mars 1296 à la sentence de ce seigneur qui devait terminer le débat. Nous ignorons quelle fut l'issue de cette difficulté.2
La ville de Bâle avait aussi depuis longtemps un différend avec Lucerne. Déjà en 1291, des arbitres choisis devaient se réunir à Brugg ou à Aarau pour terminer l’affaire; en 1293 un traité de combourgeoisie pour vingt ans avait été conclu entre les deux villes. Le 17 août 1298, les bourgeois des deux cités firent un accord pour mettre fin à leurs griefs réciproques, au sujet des prisonniers qui avaient été faits des deux côtés dans le cours de leurs différends. Conrad cler Kinden et Jean d’Erguel furent les mandataires de Bâle dans cette question. L’accord conclu par les représentants des deux villes fut approuvé le 26 août de la même année par le conseil et les bourgeois de Bâle qui déclarèrent en même temps que les captifs qui voudraient se venger sur ceux de Lucerne de leur captivité, seraient arrêtés et rayés du registre des bourgeois de Bâle. 3
Un bourgeois de Bâle se montrait à cette époque un grand bienfaiteur des pauvres et des couvents de la cité. Il s’appelait Rodolphe Haldahausli. Par son testament daté du 10 septembre 1296. il légua à l’hospice des pauvres de Bâle et aux lépreux sur la Birse vingt sols ; au monastère de Saint-Léonard un revenu de vingt sols pour la lampe de la crypte de leur église; un revenu pareil pour donner du pain aux pauvres mendiants le jour de son anniversaire. Il y avait aussi des donations aux frères mineurs de Bâle, au monastère de Klingenthal, aux pénitentes (béguines), aux dames de Gnadenthal, aux frères prêcheurs, au couvent de Blotzheim, aux augustins, aux frères de Buren, etc. 4 L'hospice des pauvres de Bâle avait alors pour procureur, Berchtold dit Imstein Relire et Henri de Rolingen : on les trouve le 10 janvier 1296 déchargeant le prévôt de Saint-Léonard de toute responsabilité à l’égard de trois livres de deniers léguées par Adélaïde de Gampenen à cet hospice.5 Une autre donation de dix sols de rente faite la même année (18 août) par Jean, sous-custode de l'église de Bâle, chapelain de l'autel de la Ste Croix, nous apprend que cet hospice était situé au pied du mont de S. Léonard, „sub pede montis S. LeonardiU 6 Un autre bienfaiteur, bourgeois de Bâle, Rodolphe de Rheinfelden, donna à la même époque, (14 décembre 1296) un corps de bien sis à Meisprach à l’église de Saint-Léonard, sous la condition que le custode de ce monastère distribuerait chaque année, à l’occasion de l’anniversaire du donateur,
1 L’original est aux archives de Berne, avec les sceaux des deux villes bien conservés. Celui de
Bienne porte: f Gommvnitati de Beln. Trouillat, t. II. p. 647. = 2 H. Schreiber, Urkundenbuch der
Stadt Freiburg im Breisgau, 1. 1. p. 143. = 3 ICopp, Urkunden, t. II. p. 164. = 4 Cartulaire de S. Léonard,
fol. 25b. = 5 Iliid., fol. 27a. = 6 Ibid., fol. 20a.