CHAPITRE XIX
2° Défense à un clerc d’avoir plusieurs bénéfices avec charges d’âmes, à moins d’une dispense apostolique.
3° Les curés doivent, dans l’année de leur nomination, recevoir la prêtrise et résider dans leur paroisse, à moins d’une dispense de l’évêque.
4° Défense aux religieux de faire élire sépulture dans leurs églises.
5° Défense aux prédicateurs de détourner leurs auditeurs du payement de la dime ; de prêcher les dimanches et fêtes à l’heure de la messe paroissiale.
6° Chaque année, on célébrera sous le rite double, la fête des douze apôtres, des quatre évangélistes, des docteurs S. Grégoire, pape, S. Augustin, S. Ambroise et S. Jérôme.
7° Si une ville, un château ou un bourg est interdit, les faubourgs et les bâtiments compris dans son enceinte le sont également.
8° L’interdit s’étend à tous les clercs, séculiers ou réguliers, on en excepte les fêtes de Noël, Pâques, la Pentecôte et l’Assomption, pendant lesquelles on peut célébrer les saints offices et sonner les cloches.
9° On ne doit pas se choisir un confesseur sans la permission du supérieur.
10° S’il existe quelque église de séculiers ou de réguliers qui ne soit pas consacrée ou réconciliée, elle doit l’être avant Noël prochain. 1
Tous ces canons disciplinaires attestent le zèle épiscopal de Pierre d’Aspelt, qui voulait ramener l’ordre dans son diocèse et prévenir des abus regrettables. Sa sollicitude s’étendit également sur les maisons religieuses qui illustraient l’évêché de Bâle. Lucelle se distinguait toujours par la vie édifiante de ses religieux; Pierre d’Aspelt par une charte du 1 1 novembre 1297, prit cette illustre abbaye sous sa protection et donna ordre à ses officiers ecclésiastiques et séculiers de protéger les personnes et les propriétés du monastère contre toute agression. 2 Le couvent de Saint- Valent in situé près du château de Rouffach, fut transféré par ses soins et ceux de l’évêque de Strasbourg dans la ville même, près de la chapelle de Sainte-Marguerite (12 juin 1299). 3 Pierre d’Aspelt prend dans la lettre qu’il écrit à l’évêque de Strasbourg à cette occasion, le titre de chancelier du royaume de Bohême (regni Bohemiæ cancellarius). Il avait en effet rencontré le roi de Bohême, Wenceslas IV, à Vienne, lorsqu’il se rendit auprès du duc d’Autriche, Albert, le fils aîné de Rodolphe de Habsbourg. Une grande partie des princes de l’empire étaient alors mécontents d’Adolphe de Nassau et songeaient à le remplacer sur le trône impérial par le duc d’Autriche. Une réunion imposante eut lieu à Vienne à cette occasion après l’octave de la Purification de l’an 1298; les rois de Hongrie et de Bohême, le duc de Saxe, le marquis de Brandebourg, les évêques de Bâle, de Constance et beaucoup d’autres personnages s’y trouvaient. 4 On tint une diète à Mayence le 23 juin suivant, où Adolphe de Nassau fut déposé et remplacé par Albert d’Autriche, qui lui ôta la vie quelques jours après, dans une bataille près de Spire (2 juillet). Élu une seconde fois empereur par tous les électeurs le 9 août, Albert Ier fut couronné à Aix-la-Chapelle le 24 du même mois.5 Le 14 octobre 1298 le nouvel empereur était à Bâle où il confirmait aux bourgeois de cette ville le privilège d’acquérir des fiefs qu’ils tenaient déjà d’Henri VII et de Rodolphe de Habsbourg. 6
1 Ex libro marcarum, fol. XV b et suiv. = 2 Gartulaire de Lucelle, N“ I. p. 150. = 3 Schœpflin,
Als. dipl., t. IL p. 72. = 4 Continuatio Vindobonensis codicis, apud Pertz, Mon. germ., t. XI. p. 720. -
5 L’art de vérifier les dates, p. 448. = 6 Trouillat, t. II. p. 671.