CHAPITRE II
l’époque mérovingienne “ ; le document original est à Munich (cod. lat. Monaci 5508 à la bibliothèque royale). Le premier de ces conciles inconnus jusqu’à nos jours, est celui de Paris qui s’est tenu en 614. On y trouve parmi les signataires du synode, au 14e rang, — „Ex civitate Augustidunum Rocco ep.“ Voilà donc l’évêque Racco ou Rocco, évêque d’Autun, en 614. Ce document inédit vient à l’appui des assertions de Mgr Rouange et répond péremptoirement à Lebeuf, qui niait l’épiscopat de S. Racco.
Le second concile inédit est celui de Cbchy tenu en 636; S. Racco n’existe plus; son successeur signe — „Ex civitate Austiduno, Rabo ep.“ S. Racco était donc évêque d’Autun en 614, jusque vers 636. Or, S. Ragnacaire n’a quitté Luxeuil, que vers 618 selon Jonas et seulement vers 638 d’après les Rollandistes ; ces dates ne lui permettent pas d’être en 614 au concile de Paris comme évêque d’Autun et sa mort est prématurée en 636. Laissons donc S. Racco à Autun, et gardons à Râle S. Ragnacaire.
Le savant Mabillon est de cet avis, et avec lui les doctes auteurs du Gallia Christiana, l’historien de l'Église Éduenne, Gagnare, Mgr Devoucour, évêque d’Évreux, le Légendaire d’Autun, etc. Mgr Rouange conclut comme ces savants; nous croyons qu’ils ont raison et, jusqu’à nouvelles preuves, nous croirons que S. Ragnacaire ne quitta Luxeuil que pour se dévouer entièrement au diocèse d’Augusta-Ràle, qui resta jusqu’à sa mort le champ de ses exploits apostoliques.
Nous ignorons la date de cette mort. Ses collègues de Luxeuil moururent de 631 à 639. C’est entre ces deux dates qu’il faut placer le décès de S. Ragnacaire.
On ne trouve pas dans les souvenirs de l’Église de Bàle que ce saint évêque ait jamais été l’objet d’un culte pubbc. Nous devons cependant conserver à Ragnacaire ce titre de saint, parce que, sorti de Luxeuil, il a dû porter connue les évêques formés à la même école et vénérés comme saints, la sainteté dans tous les actes de son épiscopat. Il était de la race des saints, et dix-neuf de ses compagnons de vie à Luxeuil, sonl à la fois regardés et honorés connue tels. Le martyrologe des bénédictins de Bucebn, Ménard (observ. in martyr, bened. 1. II.), Constantin Ghinius (natal. SS. Canonic.), Ferrari, nomment Ragnacaire avec le titre de saint ou de bienheureux et en font mémoire sous la date du 39 mai.
Armoiries de Luxeuil.