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CHAPITRE XX

clamore et geinitu populi destitutam ; prius tamen quant recederet , in capitulant hujus ecclesiæ venit et valedicens fratribus, et se eorum deprecationibus recomniendans , prorupit in lac rimas , quod et cœteri qui tune aderant, ac canonici a (têtu se continere minime potuerunt. “

Othon de Grandson, nommé directement par le pape, sans l’élection et l’assentiment du chapitre cathédral, trouva tout d’abord une forte opposition dans une partie de la noblesse de Bâle et à la cour impériale. Son ignorance complète de la langue allemande qui était seule parlée dans la ville épiscopale et dans la plus grande partie du diocèse, lui donnait un caractère étranger qui maintenait l’aversion qu’on lui témoignait. Albert Ier lui refusa l’investiture des régales, sans laquelle l'évêque ne pouvait exercer les fonctions de prince temporel et jouir des nombreux avantages attachés à cette haute position.

L’hostilité impériale irrita profondément Othon de Grandson, qui fit en vain tous ses efforts pour gagner les faveurs du monarque. En 1307, Albert d’Autriche passa à Bâle, et logea chez les Munch, sur le mont Saint-Pierre. L’évêque prit avec lui ses serviteurs et alla trouver l’empereur. Ne sachant pas l’allemand et le roi ignorant le français, ce fut un nommé Hugues du Soleil, parlant les deux langues qui servit d’interprète. Othon de Grandson, au rapport de l’historien Albert de Strasbourg, à qui nous empruntons ce récit, avait le projet de tuer l’empereur, s'il repoussait sa demande. Admis à l’audience impériale, il se mit à genoux devant le monarque et lui demanda l’investiture refusée jusque-là. Hugues du Soleil traduisit en allemand la demande de l’évêque: le roi répondit en sa langue: „que veut cet étudiant Croyant que l’empereur exprimait un refus, l'évêque s’irrita et dit en français: „ Que dit-il? Que dit-il V‘ Hugues voyant la colère d'Othon qui était jeune et ardent, lui répondit tout doucement dans sa langue: „ Seigneur, le roi notre seigneur a dit que demain il vous donnera volontiers l’investiture et qu'il fera tout ce qu’il doit faire pour l’Église de Bâle. “ Sur quoi, l’évêque s’inclinant dit: „ Grand mercy“, et il se retira. Le roi voyant le mouvement du prélat, quitta Bâle aussitôt, plus irrité que jamais contre les bàlois. Othon de Grandson avail pour lui une partie de la noblesse. 1

Le refus de l'empereur n’empêcha pas l’évêque de Bâle de remplir les fonctions ordinaires de sa charge. Le 5 juin 1307, il confirme les franchises de la ville de Laufon; c’est le premier acte de ce prélat qui paraisse dans nos archives. Il se loue dans ce diplôme des nombreux services que lui ont rendus ses amés et féaux, les bourgeois de Laufon et il leur accorde les mêmes privilèges dont jouissent ceux de Bâle. 2

Quelques jours après, il transfère à Liestal un fief castrai tenu à Porrentruy par les frères Bourckard, Werner et Ulric de Ramstein (12 juin 1307). 3 Le mois suivant, il prend sous sa protection les étrangers qui s’établiront sur les terres appartenant à l’abbaye de Bellelay, moyennant une cense annuelle d’un chapon et d’une émine d’avoine que chaque famille devra lui payer. „I1 a égard, dit-il, à la piété très méritoire des religieux de Bellelay, qui les fait aimer de Dieu et des

1 „Quadam vice, rege existente Basilee in curia Monachorum in monte Sancti Pétri... accessit

regem ac genuflexens coram eo . . . rege respondente vulgariter, quid vellet iste scolaris, episcopus . . . iratus dixit: Qui di, qui di? ... et episcopus se inclinans dixit: Gra mersi! Rex autem videns motum

episcopi, illico recessit . . .“ Alb. Argent, chron., p. 40. = 2 „Otto Dei gratia Basiliensis episcopus, . . . pensantes grata et tidelia servitia que dilecti etfideles nostritburgenses de Loufenowe nobis multipliciter impenderunt . . .“ Solothurnisches Wochenblatt, 1829, p. 719. = 3 Codex dipl. eccl. Basil., fol. liba.

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