‹ Histoire des Évêques de BaleChapitre 279 sur 496 · OTHON DE GRANDSON, ÉVÊQUE DE BALE · texte numérisé non relu

OTHON DE GRANDSON, ÉVÊQUE DE BALE

hommes; il leur porte une affection spéciale." 1 (3 juillet 1307.) Puis il assure aux recteurs des églises paroissiales la dîme des novales (11 juillet 1307). 2

La position financière de l’évêché à cette époque devait être misérable, si l’on en juge par les emprunts et les engagements contractés par Othon de Grandson. Le 22 novembre 1307, il engage à réméré à Marguerite de Mækenberg, épouse de Luthin Munch, écuyer, la jouissance des dîmes épiscopales à Mulhouse pour un prêt de 120 marcs d’argent qu’elle lui a fait. Il ne peut les rembourser, à cause des embarras — nécessitâtes — où il se trouve lui et l’église de Bàle. 3 Ce sont les mêmes motifs, les nécessités urgentes qui les mettent en danger — nécessitâtes urgentes . . . periculosius imminentes, — qui engagent l’évêque à donner en fief à Guillaume de Glères, les dîmes épiscopales d’Hirsingen et de Greutzingen, sous la condition qu’il habite et défende Porrentruy dans l’occasion. Ces dîmes rapportaient quatorze marcs de revenus (30 avril 1308). 4 Même engagement des dîmes de Bernwiller, Reguisheim, Rulisheim, Munwiller, Berwiller et Soultz en Alsace, fait le 24 juillet de la même année à Thierry de Hans qui a cédé à l’évêque son château d’Hartmanswiller (canton de Soultz, Haut Rhin) et l’a repris en fief (24 juillet 1308). 5

A trois jours de là, Othon de Grandson, vend à réméré à Thierry, monétaire de Bàle, tous les biens de son église à Alschwyler, pour cent quinze marcs d’argent (27 juillet 1308). 6 La même année l’évêque paie à la chambre apostolique quatre-vingts florins qu’il devait encore depuis qu’il était évêque de Toul7; puis soixante marcs d’argent aux chevaliers Louis et Diéthehne de Radersdorf et à Henri de Ribeaupierre pour services rendus (29 janvier 1309). 8 Othon de Grandson avait fait à Colmar un emprunt de mille cent trente-trois marcs d’argent pour lequel il dut engager le château de Schwartzenberg, dans la vallée de Munster (1309). 9

Avec ces embarras pécuniaires, qui rendaient sa position difficile à Bàle, l’évêque Othon avait vu se

précipiter des événements qui l’avaient mis à deux doigts de sa perte. La haine de l’empereur le poursuivait: le château de Fürstenstein, aux environs de Bàle, était assiégé par les troupes impériales. Le 30 avril 1308, dit Albert de Strasbourg, la reine Elisabeth allant à Rheinfelden, passait près du Petit-Bâle. L'évêque Othon courut après son carrosse voulant implorer son secours pour apaiser l’empereur. Mais le chevalier Conrad Munch de Bàle fit fouetter les chevaux et l’évêque fut couvert de boue. 10

Le sceau

d’Othon de Grandson.

1 „Ob devotionis mérita quibus religiosi . . . Bellelagie . . . Deo et hominibus se reddunt amabiles,

ex singulari prerogativa amoris qua ipsos completimur/ Cartulaire de Bellelay, fol. 375. = 2 Trouillat,

t. III. p. 116. = 3 Ibid., p. 119. = 4 Ibid., p. 126. = 5 Livre des fiefs nobles, fol. 82. = 6 Trouillat,

t. III. p. 687. = 7 Ibid., p. 689. = 8 Trouillat. t. III, p. 136. = 0 Ibid., p. 689. — 10 „Ascendente regina

versus Rinfelden cum juxta minorem Basileam venisset, exivit Otto episcopus ad eam, currens juxta

currum ejus, gratiam pro rege placando implorans, et . . . episcopus fuit luto perfusus/ Chron. Alb.

Arg., p. 41.

Page 1