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LA CRYPTE ET LA GROTTE DE SAINT-URSANNE

de Saint-Ursanne. Si le prévôt laissait la chapelle vacante plus d’un mois, le custode du chapitre devait exercer ce droit. Les biens appliqués par le curé Egelolphe à cette fondation étaient la plupart situés dans sa paroisse de Hohenroden .

Le prévôt de Saint-Ursanne, Albert de Ehenheim imita l’exemple de ce bienfaiteur de la collégiale et le même jour (15 janvier 1323) il fit approuver par Gérard de Vuippens une donation importante en faveur de l’autel placé dans la crypte sous le maître-autel, dédié à S. Valbert, confesseur, à S. Oswald, roi et martyr et aux onze mille vierges. 1 Le chapelain de ce bénéfice devait dire la messe trois fois par semaine à cet autel. Dans le cas où par la permission divine, on établirait une chapelle sur la montagne dans la grotte de S. Léodegar, au-dessus de la ville de Saint-Ursanne, alors le chapelain susdit devrait dire aussi trois fois par semaine la messe dans la grotte, à moins que le mauvais temps ne l’en empêche, et dans ce cas, il devrait la dire dans la crypte, avant prime ou après l’offertoire de la grand’ messe, puis faire l’absoute et jeter l’eau bénite sur le tombeau du prévôt Albert qui choisit sa sépulture clans cette crypte. Le chapelain devait assister à toutes les heures canoniales et quand on récitait les vigiles des morts, il devait les dire entièrement dans la crypte. C’était aussi à lui à fournir l’huile pour la lumière de la nuit dans la crypte et il devait garder sous bonne serrure les hosties de cette même crypte. 2 Le prévôt ou à son défaut le custode de la collégiale avait le droit de collature de ce bénéfice. Parmi les biens appliqués par le prévôt à cette fondation, nous remarquons une maison à S. Ursanne, entre celle du curé et celle du chanoine Schoppe, à côté de la tour de l’église; un jardin sis près de la montée qui conduit à la grotte, au-dessus du fossé de la ville, etc. Après la mort du prévôt, le chapelain de la crypte, devait hériter de tous les ustensiles de sa maison, de trois lits ordinaires, etc., qui devaient à perpétuité servir à l’usage de ses hôtes. Le prévôt donna encore, après sa mort, son nouveau missel au maître-autel de Saint-Ursanne, à l’usage exclusif de cet autel. En reconnaissance de ce don, le chapitre, accorda au chapelain de la crypte le missel qui servait alors au maître-autel . . . “ 3

Il nous a paru intéressant de consigner dans cette histoire ces détails qui peignent les usages et les actes des hommes d’Église de cette époque et attestent leur zèle pour la gloire de Dieu et le culte des saints. Pendant que Gérard de Vuippens consacrait de son autorité suprême ces pieuses donations, sa ville épiscopale retentissait du bruit des armes. L’empereur Frédéric le Bel avait été battu et fait prisonnier à Muhldorf par Louis de Bavière le 28 septembre 1322. Son frère Léopold qui s’avançait à son secours à la nouvelle de cette défaite, était retourné en Alsace et mettait sur pied de nouvelles troupes. En 1323 it était à Bâle, rassemblant des hommes d’armes. Sa présence dans cette ville fut l'occasion de fêtes brillantes, de bals et de jeux auxquels le duc d’Autriche prit part sans se divertir. Il envoya cinquante soldats à Ensisheim pour inquiéter Colmar. Ils firent tant de ravages qu’ils finirent par être assiégés à Seltz où ils étaient cantonnés.

1 „ ... ad altare situm in crypta subtus majus altare ... Et si Domino disponente, locus in monte seu spelunca. Sancti Leodegarii supra oppidum Sancti Ursicini fuerit constructus ad capellam . . . “ Ibid., p. 318. = 2 ,NocturnaIe lumen olei in eadem crypta perpetuo ministrabit et hostias ejusdem

criptæ in bona servabit clausura.14 Trouillat, t. III. p. 318. = 3 „Omnia domus suæ utensilia, et très lectos médiocres, sex lintheamina, duas culturas, patellas, caldalia, et alia utensilia coquinæ cum pulvinaribus et cussinis, ac poctos stagneos . . . pro hospitio perpetuo tenere . . . Liber suus novus

Missalis cédât ad majus altare . . . “ Ibid., p. 317.

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