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CHAPITRE XX

dans son pressoir d’Eguisheim. Marbach voulait reconnaître les nombreux services qu’il avait reçus des chanoines de Bàle. L’acte de donation spécifie que chaque année, à l’époque des vendanges, le chapitre de Bàle enverra à ses frais ses tonneaux à Eguisheim ; chaque char portera vingt et une mesures de vin blanc, mesure d’Eguisheim. Les évêques de Strasbourg et de Bàle approuvèrent cette donation qui fut revêtue de leurs sceaux à Marbach, le 12 mars 1320. 1 En reconnaissance de cette donation, l’évêque et le chapitre de Bâle annexèrent l’église de Feldkirch au couvent de Marbach, qui en avait le droit de patronage, à charge par ce monastère d’entretenir un desservant de cette église et un autre dans sa filiale, la chapelle d’Eguisheim (4 mars 1324). 2

Une autre donation fut faite en 1322 (19 octobre) à l’église de Bàle par le chevalier Louis de Rodersdorf qui avait vendu au couvent de Lucelle les deux tiers de la dîme de Courgenay. En échange, il donna à la cathédrale de Bâle et en reçut en fief certains revenus à Zasingen et d’autres biens à Ensisheim. 3

Une fondation faite en 1322 par le recteur de l’église de Pfeffingen, intéresse aussi le chapitre cathédral. Ce recteur était un comte de Thierstein, du nom de Rodolphe; on le trouve achetant en 1322 (28 juillet) huit maisons au Petit-Bâle pour 124 livres de deniers. 4 Quelques jours après, il fonde et dote un autel dédié à la Ste Vierge dans l’église de Pfeffingen dont il est curé ; il s’en réserve la collature à lui et à ses successeurs dans la cure de Pfeffingen. Dans le cas où ce bénéfice resterait vacant plus d’un mois, il veut que le droit de collature soit exercé pour cette fois par le plus vieux chanoine de la cathédrale de la famille de Thierstein, ou à son défaut par le doyen ou par le trésorier ou par le prévôt de la cathédrale. Le chapelain de ce nouveau bénéfice devait célébrer trois fois la messe par semaine à l’autel de la Ste Vierge et prêter son secours au curé de Pfeffingen les dimanches et fêtes. 0

Des dispositions analogues furent prises, vers le même temps, à l'occasion d’une fondation faite à l'église collégiale de Saint-Ursanne, qui fut approuvée par l’évêque de Bàle le 15 janvier 1323. Le curé de Hohenrodern, Egelolfus avait été affecté de la pauvreté de l’église de Saint-Ursanne el du défaut de messes pour les défunts dans le chœur de cette collégiale. 6 Animé par la tendre dévotion qu'il ressent envers l'église ou le lieu de Saint-Ursanne, à l’honneur de Dieu, de sa mère la Vierge Marie, et des bienheureux Michel archange, Ursanne et Laurent martyr, pour le soulagement des âmes de ses père et mère, parents et bienfaiteurs, il fonde un autel à élever sur la grille du chœur, 7 en l’honneur de S. Michel et de S. Laurent. Le chapelain nommé par lui et ses successeurs devront chanter la messe pour les défunts le lundi de chaque semaine, tous les jours du carême et de bavent, aux vigiles, aux quatre temps, etc. et assister à toutes les heures canoniales. Chaque dimanche, après l’aspersion de beau bénite, ou avant, si c’est préférable, il devra faire publiquement au chœur mémoire des défunts à recommander cette semaine, bienfaiteurs ou serviteurs de l’église de Saint-Ursanne et faire réciter pour eux Pater noster et Ave Maria. Durant sa vie, le fondateur avait droit de nommer le chapelain de son bénéfice; après sa mort, ce droit passait au prévôt

1 Trouillat, t. III. p. 2S4. = 2 Ibid., p. 334. = 3 Livre des fiefs nobles, fol. 103b. = 4 Trouillat,

t.III. p. 298. = 5 Ibid., p. 301. = u „ . . . Attendons affectione singulari Ecclesie beati Ursicini pauper-

tatem et defectum misse pro defunetis specialiter habende in choro S. Ursicini predicto . . . “ Ibid.,

p. 312. = 7 „ . . . super cancellis chori beati Ursicini." Ibid.

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