CHAPITRE XXI
contracta au château de Saint-Ursanne un emprunt de mille florins d’or de Florence que le chevalier Wilhelm de Bremoncourt lui remit contre une rente annuelle de cent florins à prélever sur les revenus de la cour, à Porrentruy, des foires et des fours au même lieu. Au 31 janvier 1337, le château était en partie reconstruit et l’évêque appliquait au payement de ces travaux une partie de l’argent emprunté. 1
Non content d’assurer à la ville de Porrentruy la défense de son château, Jean Senn voulut pourvoir aux fortifications de la cité; c’est pourquoi, par un acte dressé au château de Saint-Ursanne, le 1er février 1337, le lendemain de l’emprunt fait au sire de Bremoncourt, il appliqua aux réparations des bâtiments publics, des murailles, fossés, ponts, tours et fortifications de Porrentruy le produit de l’angal qu’on percevait pour les vins en ville ou dans les environs. 2 L’évêque ne pouvait fournir de ses deniers à ces dépenses urgentes, ses prédécesseurs avaient dû contracter des dettes qui pesaient lourdement sur l’Église de Bâle, exploitée de plus en plus par des usuriers qui la mettaient en péril continuel. Pour sortir de cet état de gêne et faire face aux dépenses nécessitées par cette fâcheuse position, Jean Senn eut recours à plusieurs ventes à réméré qui mettaient à sa disposition l’argent dont il avait besoin. Le 4 février 1337 il vend à réméré à Jacques Frœveler de Bâle pour deux cents marcs d’argent, une rente annuelle de cinq chars de vin blanc, assignée sur son pressoir de Soultz, de trente-huit quartauts d’épeautre et dix-huit d’avoine, sur les dîmes épiscopales de Blotzheim et de Pfeffingen, et de six marcs d’argent à prélever sur les revenus du sceau de la cour de Bâle. 3
Quelques jours après, nouvelle vente faite par Jean Senn, du consentement du chapitre de Bâle. 11 s’agit de payer les dettes contractées par Jean de Châlons, de bonne mémoire; les créanciers menacent de saisir les gages. Le 33 février 1337, l’évêque vend à réméré pour mille florins d’or de Florence, le château et le village de Soyhières et le moulin de Laufon à Richard dit Stocker, frère de Jean, prieur de Saint- Alban, à qui ces biens avaient été engagés par Jean de Châlons et qui consent à cette vente. La somme reçue est aussitôt appliquée à l’extinction des dettes de l’évêché. 4 Plus tard, 17 avril 1338, Jean Senn vend encore à réméré pour deux cents marcs d’argent, au comte Walram de Thierstein son oncle et à Thierry de Haus son beau frère, les dîmes épiscopales en vins et céréales à Pfaffenheim, Meyenheim, Herlisheim et Obermorschwihr. 5 Le 37 octobre de la même année, nouvelle vente à réméré pour cent quarante marcs d’argent, à Ruedin Mater de Bâle, d’une rente de vins et de quatre-vingt six quartauts de céréales. L’évêque, dans l'acte de vente, mentionne toujours les charges énormes, que lui ont laissées ses prédécesseurs et le mal toujours croissant de l’usure, dont il souffre. 6 Toujours à la recherche de nouvelles ressources, Jean Senn en vint à vendre du consentement du grand chapitre, les revenus des péages
1 . quos (1000 aureos florenos) in usus dicti edificii jam pro parte conversos et ulterius de die in
diern necessavio convertendos.“ Trou i liât, t. III. p. 449. = - Ibid., p. 452. = •* ,, Cura Ecclesia Basiliensis
esset onerata multiplia' onere debitorum contractorum ab olim per bone memorie nostros in dicta
ecclesia predecessores, quibus quidem debitis usure execrabiles continue periculosius acreverunt, . . . eum ipsa ecclesia bona mobilia non haberet . . . ob utilitatem ëvidentem ipsius eeclesie, et ad precavendum usurarum acrescentiarn et obstagiovum observantiam . . . “ Acte d’emprunt du 4 février 1337, de l’original aux archives de l’ancien évêché. Troublât, t. III. p. 454. = 4 Livre des fiefs nobles, fol. 64. =
5 Troublât, t. III. p. 485. — 6 „ . . . Ecclesia Basiliensis onerata multiplici onere debitorum contractorum
ab olim per bone memorie nostros in dicta Basiliensi ecclesia predecessores; quibus debitis usure exe-
crabiles continuo periculosius accreverunt ... 11 Troublât, t. III. p. 493.