‹ Histoire des Évêques de BaleChapitre 309 sur 496 · J. SENN, ADMINISTRATEUR DE L’ÉVÊCHÉ DE STRASBOURG · texte numérisé non relu

J. SENN, ADMINISTRATEUR DE L’ÉVÊCHÉ DE STRASBOURG

du Grand- et du Petit-Bâle, à Berchtold Schonkint, bourgeois du lieu qui en jouirait durant 18 ans (1339). 1

En même temps qu’il travaillait à éteindre les dettes de l’évêché, Jean Senn cherchait à rendre plus fortes et plus florissantes les villes qui lui appartenaient. Laufon avait été visité par lui la première année de son épiscopat, il avait confirmé ses franchises le 26 juillet 1336; plus tard voulant aider à l’entretien des murs, tours et remparts de la ville, il accorde aux bourgeois de Laufon le droit d'angal (Ungelt) à condition qu’ils emploieront chaque année seize livres de Bâle à cet usage (14 juillet 1339). 2 Neuveville reçoit de l’évêque de Bâle, avec la confirmation de ses franchises, le droit de tenir un marché hebdomadaire, et de percevoir l’angal à son profit (6 juillet 1338). 3 Même faveur accordée aux bourgeois de Delémont pour les services rendus et à rendre. Sur les revenus de l’angal que l'évêque leur accorde, ils devront appliquer chaque année quarante livres à la restauration des murs, fossés et autres édifices nécessaires de leur ville. Jean Senn était à Delémont, le 19 octobre 1338, le lundi après la S. Gall.4 Il s’y trouvait encore le 8 mai de l’année suivante, car c’est de cette ville qu’est datée une charte épiscopale accordant aux bourgeois de Porrentruy le droit de prendre leur bois nécessaire dans la montagne de Chevenez, le lundi et le samedi de la quatrième semaine de chaque mois; c’est une reconnaissance de l'évêque pour les nombreux et agréables services qu’il a reçus de ces chers bourgeois de Porrentruy.5

Bâle est maintenue dans ses vieilles franchises et chaque année Jean Senn lui donne un bourgmestre et un conseil ; 6 le conseil est choisi par des électeurs qui prêtent serment de ne chercher que le bien de la cité ; les conseillers élus prêtent le même serment et l’évêque jure de respecter en tout les privilèges de la cité. 7 Comme gage de ses bonnes relations avec la cathédrale, le conseil exempte les chanoines et les chapelains du nouveau péage pour les vins et les grains provenant de leurs prébendes (16 mars 1338). 8 Le chapitre venait de prendre une décision qui touchait de près les bourgeois de Bâle. Désormais aucun bourgeois ou fils de bourgeois ne pourrait plus entrer dans le chapitre cathédral, s’il n'était de race noble du côté paternel. Jusque-là l’Eglise de Bâle avait toujours compté un grand nombre de nobles, remarquables par l’intégrité de leurs mœurs et la réserve de leur vie: elle n’avait pas été souillée par des gens de la plèbe, qui auraient pu porter dommage au chapitre en ses biens et en son honneur (22 mars 1337). 9 Jean Senn approuva cette résolution de son chapitre que chacun s’engagea par serment d’observer et de faire observer.

A quelques mois de là, l’évêque de Bâle se trouvait mêlé aux évenéments lamentables qui désolaient le diocèse de Strasbourg. Son oncle, l’evêque Berthold

Sceau de la ville de Laufon.

1 Trojîillat, t. III. p. 503. = 2 De l'original aux archives de Laufon. = 3 Trouillaf, t. III. p. 4S8. —

4 Solothurnisches Wochenblatt, 1830. p. 650. = 5 „Datum et actum in opido nostro Telsberg." De

l’original aux archives de Porrentruy. = G 21 juin 1337. Trouillat, t. III. p. 468. = 7 Livre des fiefs

nobles, fol. 128. = 8 Trouillat, t. III. p. 483. = 9 Ochs, Geschichte der Stadt und Landschaft, Basel. IL 49.

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