CHAPITRE XXI
profit cle l’Église de Bâle une rente annuelle de quatre chars de vin blanc, assignée sur le pressoir épiscopal de Wattwiller ou d’Ufholtz en Alsace (1 février 1339). 1 Les frères Jean, Conrad et Bourkard Miinch de Landscron reçurent aussi de l’évêque Jean Senn en reconnaissance des services rendus par eux à l’Église de Bâle, une rente annuelle de dix marcs d’argent sur les tailles de Râdersdorf (39 janvier 1341). 2 D’autres serviteurs de l’évêché reçoivent à la même époque des fiefs importants: les sires de Ribeaupierre Ulrich et Jean le jeune sont mis par l’évêque en possession à titre de fiefs du vieux château de Ribeaupierre, les deux villes de Ribeauvillé (39 août 1341) ; 3 le chevalier Hug Pfaffe reprend en fief castrai assigné à Liestall son domaine du Mont S. -Pierre qu’il a donné à l’évêque de Bâle (4 juillet 1341). 4
Quoique délivré de l’administration du diocèse de Strasbourg, Jean Senn se trouva forcément encore mêlé aux luttes que son oncle, l’évêque de Strasbourg, dut soutenir contre ses ennemis. En 1 343, suivant la chronique de Closener, 5 il dut prendre part avec quatre mille deux cents hommes et deux cents chevaliers à l’expédition de Berthold de Bucheck contre Schlestadt. Les habitants de cette ville s’étaient soulevés contre l’évêque et avaient mis le feu à ses domaines. Berthold mit le siège devant Schlestadt. Les ducs d’Autriche, l’évêque de Bâle, l’ahhé de Murbach, le comte de Wirtemberg, unirent leurs forces à celles de l’évêque. De Schlestadt, ils envahirent la vallée de Liepvre, mettant tout au pillage. Berthold se préparait à camper sous le château d’Echery, mais le matin quelques hommes appartenant aux ducs et à l’évêque de Bâle, incendièrent le village de Liepvre (Haut-Rhin) et dirigèrent une partie de l’armée hors de la vallée. L’évêque de Strasbourg fut obligé de les suivre. Les chevaliers de Bâle tenaient l’arrièregarde. Arrivés à un défilé fort étroit, les cavaliers d’Echery les poursuivirent de leurs flèches et de leurs lances, tandis que les paysans jetaient du haut de la montagne des pierres à l’armée de l’évêque ; l’arrière-garde eut peur. L’évêque voulut revenir sur ses pas; mais Jacques Eherter fit avancer rapidement l’étendard de l’évêque avec l’armée, de sorte que les derniers crurent que les autres prenaient la fuite. On passa par un chemin très étroit où les ennemis étaient arrêtés.; on se précipite sur eux; un seul jeté à terre suffit pour arrêter la marche de toute l’armée; sans cela on aurait fait beaucoup de prisonniers . . . L’évêque retourna assiéger Schlestadt, puis il renvoya les soldats des ducs et de l’évêque de Bâle pour s’approcher de Neuwille et en faire le siège. “ 6
Tel est le récit que nous a laissé Albert de Strasbourg de cette expédition à laquelle notre évêque de Bâle dut prendre part pour assister son oncle, l’évêque de Strasbourg menacé par ses ennemis. C’est la même année, peut être avant son départ pour cette campagne où sa vie était en danger que Jean Senn fonda son anniversaire à la cathédrale de Bâle. Il avait déjà fait dresser à ses frais dans cette église un autel en l’honneur de la glorieuse Vierge Marie et de S. Jean Baptiste, le précurseur de N. -S. J. -G. ; le chapelain de ce nouveau bénéfice devait être nommé par lui ou par ses successeurs; à cette prébende devaient être appliqués tous les revenus provenant de l’église de Courrendlin. Pour perpétuer sa mémoire et celle de ses parents dans l’église de Bâle, Jean Senn, du consentement de son chapitre, ordonne que durant sa vie, chaque année, une messe soit célébrée
1 Trcraillat, t. III. p. 5ÜO. = 1 Ibid., p. 532. = a Ibid., p. 535. = 4 God. dipl. eccl. Basil. =
5 God. liist. de Strasbourg, I. 126. - 6 Chron. Alb. Arg., p. 106.