L’ARMÉE DE L’ÉVÊQUE DE BALE EN ALSACE
pour la multitude qui accourt aux sermons des frères. Il faut donc l’agrandir: la charité de Dieu nous presse; la nécessité de ces religieux le réclame; il s’agit d’augmenter le culte divin que toujours. Dieu aidant, nous cherchons à accroître, depuis que nous sommes chargé du gouvernement épiscopal. Derrière notre grenier et la maison de notre cour dite Schürhof, il y a un terrain contigu au couvent, qui serait très commode et bien approprié à l’usage des frères. Nous le donnons pour Dieu au prieur et aux frères en question, par donation entre vifs parfaite et irrévocable, purement et simplement ... Le prieur de la province du Rhin et de Souabe, frère Pierre de Spire, et celui de Bâle, Jean Bernoldi acceptent cette donation avec reconnaissance, le 4 août 1 340. 1
L’abbaye de Lucelle fut aussi l’objet de la pieuse sollicitude de l’évêque Jean Senn.
Le 21 juin 1337, il annexe à ce monastère les églises paroissiales d’Etneffon (arrondissement de Belfort) et de Dornach (près Mulhouse), dont Lucelle avait déjà la collature depuis plusieurs années. Cette donation avait pour but d’augmenter les ressources de l’abbaye, qui ne pouvaient plus suffire aux charges de l’hospitalité grande et large qu’elle exerçait à cette époque. L’évêque constatait en outre dans l'acte de donation que l’on s’occupe plus à l’aise des choses divines, quand on n’a plus le souci de sa subsistance et qu’on rend à Dieu, l’auteur de la paix, un culte plus convenable, quand on n’est pas inquiété par la pauvreté. 2 Les mêmes raisons déterminèrent le pieux évêque à annexer encore l’église de Largue à la mense de Lucelle (13 juin 1349). 3
L’abbaye de Saint-Urbain reçut aussi de l’évêque Jean Senn le droit de patronage de
Pierre tombale d’un chevalier de Ribeaupierre.
l’égbse de Hegendorf (17 décembre 1336) 4 et la collégiale de Seckingen qui possédait déjà le patronage de l’église de Mettau, obtint de l’évêque de Bàle l’annexion de cette église à sa mense capitulaire (4 février 1339). 5 Trois jours auparavant, le vaillant chevalier Jean de Halwyl, le cher parent de l’évêque, à qui il avait rendu de nombreux et précieux services, sans y être obligé par quelque devoir de vassalité, avait reçu à titre de récompense et pour le plus grand
1 „ . . . Nos attendentes presentis vite statum miserum et caducum in cunctis mortalibus brevi tempore terminari, nihilque homini post liane vitam superesse, vel remanere, nisi quod piis et bonis artibus
nierait in presenti. Et propter banc cupientes seminare cum mortaliter vivimus, quod metamus ubi Deo propitio eternaliter victuri sumus, nostre paternitatis oculos compassivos, pastorali moti misericordia,
sincero cordis ex affectu dirigentes, . . . propter divini cultus augmentum quem Deo dante nostri regiminis
episcopalis tempore, semper intendimus adaugere . . . “ Ch. Urstisii cod. dipl. Bruchn. fol. 33. = 2 Car-
tulaire de Lucelle, N° 1. fol. 161 b. = 3 Ibid., fol. 158. = 4 Soloth. Wochenblatt, 1824, 37. = 5 Trouillat, t. IV. p. 646.